Une occasion pour le Québec de faire des vagues

Créé à l’initiative de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES), le Plan de décarbonation de l’industrie maritime québécoise déposé en novembre dernier met en lumière une occasion pour le Québec de se poser en véritable chef de file. Entrevue.

Ce plan propose plusieurs initiatives pour décarboner les activités portuaires, mais souligne que celles-ci ne représentent qu’une portion négligeable du total des émissions. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Zyna Boubez, associée responsable de la pratique infrastructure de KPMG : L’investissement dans les ports, pour nous, est critique, parce qu’il permet la décarbonation de tout ce qui concerne les navires, notamment l’accès à des infrastructures comme l’électrification à quai et l’approvisionnement en carburants alternatifs. C’est vraiment une opportunité d’agir comme des leaders, comme des acteurs de changement.

Revêtements et peintures de coques, carburants alternatifs, récupération de chaleur… le Plan propose une foule de solutions pour décarboner le transport maritime, mais aucune n’est parfaite. Laquelle est la plus prometteuse ?

Olivier Ascoët, consultant chez Dunsky : La décarbonation passera par une stratégie combinée. Il n’y a pas de solution miracle, mais il y a un bouquet de leviers technologiques, opérationnels et territoriaux qui doivent être pris de manière intégrée, donc les performances vont varier selon les contextes opérationnels, selon les coûts des technologies, les échéanciers pour les mettre en place. Le Québec a de nombreuses ressources à exploiter et a le potentiel pour devenir un hub stratégique en e-méthanol ou en diesel renouvelable.

Pensez-vous que l’industrie maritime sera en mesure d’atteindre les cibles de carboneutralité fixées pour 2050 ?

Jérôme Landry, géographe chez PESCA Environnement et chargé de projet pour le Plan de décarbonation de l’industrie maritime québécoise : Dans le contexte actuel, ça va être extrêmement difficile. Il n’y a aucune obligation légale de décarboner et on constate une absence de structure de financement et de stratégies pour agir. Il y a beaucoup de solutions, mais les appliquer sur le terrain, c’est autre chose. Il y a beaucoup de zones grises. Les nouvelles technologiques aussi, ça coûte cher, ça coûte très cher, même. La question aussi du mazout lourd, qui est encore à très bon prix, donc ça va être difficile de faire des conversions vers les nouveaux carburants à zéro émission. Et on a aussi tendance à essayer de forcer le jeu, mais il faut réfléchir à une approche plus positive, plus proactive. Encourager ceux qui le font déjà.

Pensez-vous que le Plan aura malgré tout un impact concret dans l’industrie maritime au Québec ?

Jérôme Landry : Ce qu’on souhaite, c’est que nos recommandations puissent inspirer la nouvelle stratégie maritime du gouvernement qui s’en vient.

Olivier Ascoët : Pendant des décennies, on a parlé de la décarbonation et de la transition énergétique un peu comme d’une contrainte, mais aujourd’hui, il faut vraiment y voir une opportunité. Il y a des solutions, notamment sur les carburants, qui tombent sous le sens. Ce n’est pas le cas à court terme, mais comme toute transition, ça va venir. Il y a une réelle opportunité de discriminer les acteurs qui vont rester à l’écart, en retard de cette transition, par opposition à ceux qui prennent la transition à bras le corps et se positionnent dès aujourd’hui. C’est eux qui vont marcher dans le futur, quand la réglementation sera en place. C’est vraiment un moment charnière.

Alexandre Cournoyer, directeur dans la pratique développement durable et changements climatiques chez KPMG : Au Québec, on est vraiment placé stratégiquement. Le Saint-Laurent, c’est un corridor économique. On a de l’énergie verte, on a des carburants alternatifs, on est capable d’en produire plus, aussi. On a une espèce de colonne vertébrale, le Saint-Laurent, qui nous permet de nous brancher, d’exporter, ou du moins d’approvisionner les navires à divers endroits sur ce corridor-là. Ça serait une occasion manquée de ne pas utiliser cet avantage-là pour encourager la décarbonation.

La Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES) a chargé la firme Pesca Environnement de réaliser un plan de décarbonation de l’industrie maritime du Québec. Pour ce faire, Pesca Environnement s’est associée avec KPMG et Dunsky.

Article de Julie Chaumont, La Presse, Industrie maritime | Une occasion pour le Québec de faire des vagues | La Presse

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

Résumé de la politique de confidentialité

Ce site utilise des cookies afin que nous puissions vous fournir la meilleure expérience utilisateur possible. Les informations sur les cookies sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site Web et aider notre équipe à comprendre les sections du site que vous trouvez les plus intéressantes et utiles.