L’Institut Maurice-Lamontagne souhaite analyser les effets du trafic maritime sur l’espèce en voie de disparition.
Une équipe, gérée par le ministère des Pêches et des Océans du Canada, recueillera des données à l’aide de radars et d’hydrophones installés au sud de l’estuaire, près de l’île Verte.
L’objectif est d’identifier l’impact que les ondes émises par les embarcations maritimes ont sur le mode de vie des bélugas.
Florian Aulanier, chercheur scientifique en acoustique sous-marine à Pêches et Océans Canada, explique que la présence de bateaux perturbe déjà les activités de ces mammifères au statut précaire.
Les bruits qu’émettent les embarcations peuvent interférer avec les vocalisations ou les clics émis par les bélugas qui leur permettent, entre autres, de se nourrir et de se déplacer.Une citation deFlorian Aulanier, chercheur scientifique en acoustique sous-marine à Pêches et Océans Canada
Le chercheur ajoute que l’étude a également pour objectif d’obtenir un portrait plus précis du trafic maritime plaisancier. Les radars vont aider à identifier les navires de récréation plus petits ou qui ne possèdent pas un système d’identification automatique
, précise M. Aulanier.
Les embarcations nautiques plus petites regroupent les bateaux de moins de 500 tonneaux et ceux qui sont destinés à transporter moins de 12 passagers.
Projet innovateur
Le directeur scientifique pour le groupe de recherche et d’éducation sur les mammifères marins (GREMM), Robert Michaud, estime que cette nouvelle étude comblera une partie des lacunes autour des connaissances sur le béluga.
La pièce qui manque critiquement à nos connaissances est les interactions entre les plaisanciers et les bélugas
, avoue-t-il. On espère que cette étude va nous aider collectivement à trouver des solutions pour mieux partager le Saint-Laurent avec les bélugas.
Florian Aulanier affirme que c’est la première fois que cette technologie est utilisée dans la région. Le radar émet une petite impulsion électromagnétique qui va se propager dans l’air jusqu’à l’embarcation. Une partie du signal électromagnétique va ensuite être rétrodiffusée vers le radar pour lui permettre de calculer son positionnement
, explique le chercheur.
Une zone importante
Un total de quatre radars ont été installés à la mi-juin sur la côte de l’île Verte, de l’île Rouge et de l’île aux Pommes. Florian Aulanier estime que ces radars vont permettre de couvrir la zone du sud de l’estuaire, une zone importante dans l’habitat du béluga, aussi appelée le chenal sud.
Le chenal sud est une fosse qui fait 100 mètres de profondeur. Elle est connectée au chenal Laurentien, qui est un endroit riche en production de nourriture.Une citation deFlorian Aulanier, chercheur scientifique en acoustique sous-marine pour Pêches et Océans Canada
Robert Michaud ajoute que le chenal sud est une zone extrêmement fréquentée par une des deux grandes communautés de femelles bélugas, ainsi que leurs petits.
Le chercheur Florian Aulanier explique que le traitement des données pourrait prendre plus d’une année. Cette étude fait partie de la deuxième phase du plan de protection des océans, qui s’étend de 2023 à 2028.
Article de Roxane Tremblay, Radio-Canada, Une nouvelle étude pour la préservation du béluga | Radio-Canada