Terminal de conteneurs : feu vert imminent pour QSL

Le gouvernement de Mark Carney a désormais tout en main pour autoriser l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) à délivrer une certification au Port de Québec à titre de terminal de conteneurs international. Les libéraux en feront l’annonce au cours des prochains jours, a appris Radio-Canada.

L’entreprise QSL attend cette confirmation depuis plus de deux ans afin de déposer son avis de projet à l’Administration portuaire de Québec (APQ).

L’opérateur maritime souhaite aménager un terminal de conteneurs en eau profonde dans le secteur de la baie de Beauport, à l’embouchure de la rivière Saint-Charles, à Québec. À terme, l’entreprise souhaite transborder 200 000 boîtes métalliques annuellement.

Avant d’aller plus loin, QSL devait d’abord obtenir une certification de l’ASFC, qui devra ajouter des ressources permanentes dans la capitale si le projet voit le jour. Une demande en ce sens a été déposée par l’entreprise et le Port de Québec en novembre 2023.

Selon diverses sources bien au fait du dossier, le fédéral confirmera la délivrance de cette certification au cours des prochains jours. Selon nos informations, Ottawa n’attendait plus qu’un avis de Transports Canada pour aller de l’avant, lequel est désormais complété.

Ce feu vert imminent vient du même coup confirmer les intentions signifiées par le gouvernement Carney dans son budget présenté en novembre dernier.

L’ASFC travaillera avec Sécurité publique Canada, Transports Canada et Affaires mondiales Canada en vue de désigner d’autres ports pour l’importation et l’exportation de conteneurs, particulièrement dans la région des Grands Lacs et du Saint-Laurent, par exemple à Québec et à Hamilton, pouvait-on y lire.

Analyse complétée

Actuellement, seuls cinq terminaux portuaires peuvent accueillir des conteneurs internationaux au Canada, soit Halifax, Saint-Jean (N.-B.), Montréal, Prince Rupert et Vancouver. Les libéraux se sont engagés à augmenter le nombre de points d’entrée et de sortie des marchandises au pays, notamment dans le contexte de guerre économique avec les Américains.

Selon l’analyse de Transports Canada, le projet de QSL sera complémentaire aux activités du port de Montréal et au projet de terminal de conteneurs de Contrecoeur, dont les travaux ont récemment été autorisés par Pêche et Océans Canada.

Dernier port en eau profonde à l’est des Grands Lacs, le port de Québec permettra aux navires d’optimiser leurs chargements à destination de Montréal, toujours selon Transports Canada. En raison de la profondeur d’eau moins importante dans le secteur de Contrecoeur [et de Montréal], le tirant d’eau des navires est limité et leur cargo est réduit, est-il écrit dans l’avis ministériel.

Le projet de QSL vise à contrecarrer ces limites imposées aux armateurs et à augmenter le volume de marchandises dans le corridor maritime.

Des navires davantage chargés pourraient donc laisser une partie des conteneurs à Québec avant de poursuivre leur route vers Montréal. À l’inverse, les porte-conteneurs pourraient ajouter du cargo dans la capitale avant de se diriger vers les marchés internationaux.

Une étude commandée par la Chambre de commerce maritime arrivait aux mêmes conclusions plus tôt cet automne. La firme Aviseo a conclu que le projet de QSL de névralgique pour le développement économique du pays.

Le port de Montréal est actuellement le seul point d’entrée pour les conteneurs internationaux sur le fleuve Saint-Laurent, notait l’étude. Or, le tirant d’eau maximal de 11,3 mètres y limite l’accès de nombreux navires porte-conteneurs pleinement chargés. Ces navires doivent donc naviguer sous leur pleine capacité pour atteindre le port.

Nécessité, selon QSL

Le pdg de QSL, Robert Bellisle, a profité de son passage à la conférence annuelle du Port de Québec, la semaine dernière, pour vanter les mérites du projet de terminal de conteneurs envisagé par l’entreprise.

Plaidant pour le renforcement des chaînes logistiques et d’approvisionnement, il a rappelé l’importance du transport maritime en temps de crise. On ne peut penser développer [les chaînes logistiques] sans avoir, dans le cinquième plus gros port [au Canada], un terminal de conteneurs, a-t-il dit devant un parterre de dignitaires et d’industriels.

Il a du même souffle déclaré que QSL était sur le point d’obtenir la certification du gouvernement fédéral pour enfin déposer le projet à l’administration portuaire, sans s’avancer davantage.

La pdg du Port de Québec, Olga Farman, a elle aussi déclaré jeudi dernier qu’une désignation par le fédéral était à portée de main. C’est clair, l’intention du gouvernement fédéral, avec l’appui du gouvernement provincial aussi, c’est d’avoir un port de conteneurs international à Québec. […] La désignation va être déposée, à mon avis, c’est dans les prochaines semaines, mais on me dit ça depuis six mois, avait-elle cependant affirmé.

Le projet de terminal suppose un réaménagement des vastes terrains loués par QSL au port de Québec. L’entreprise occupe présentement la moitié des 92 hectares disponibles dans le secteur Beauport, y compris une ligne de quai d’une profondeur de 15 mètres.

La compagnie y transborde actuellement du vrac solide, principalement du minerai de fer. Quatre grues portiques y sont déjà installées. QSL prévoit les reconfigurer afin de permettre également la manutention de conteneurs.

Dans sa forme actuelle, le projet ne prévoit pas d’empiètement dans le fleuve ni de perturbations dans le milieu aquatique. Lorsqu’un projet sera officiellement déposé, le Port de Québec s’engage à tenir des évaluations environnementales et des consultations publiques.

Dès son annonce, le projet a soulevé la méfiance de certains groupes citoyens.

Article de David Rémillard, Radio-Canda, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2221589/qsl-feu-vert-douanes-federal-imminent

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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