L’Aluminerie de Bécancour inc. (ABI) a grandement augmenté sa part d’aluminium vendu en Europe, réduisant ainsi ses exportations vers les États-Unis en raison des tarifs douaniers imposés par l’administration Trump.
Depuis mars dernier, les exportations d’aluminium canadien vers les États-Unis sont en chute libre. La nouvelle destination d’exportation des métaux est bien visible au port de Bécancour : jusqu’à 25 000 lingots, pour 45 000 tonnes d’aluminium, ont été entreposés sur une grande surface extérieure en attendant le départ par bateau vers l’Europe.
Ce métal, qui a été acheté par un important courtier international de métaux, est empilé depuis le printemps en vue d’une exportation vers l’Europe, en Belgique notamment.
Selon nos informations, un premier cargo est venu en remplir ses cales. Deux autres sont attendus sous peu. Cette pratique ne serait pas exclusive à l’ABI. AILLEURS SUR INFO : À Madagascar, l’alliance de l’armée et des manifestants fait tomber le président
Des tarifs qui forcent des changements majeurs
Le président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, confirme que le changement est lié aux tarifs imposés par le gouvernement américain.
Depuis la mise en service de l’ABI, il y a 40 ans, la presque-totalité de sa production était destinée aux États-Unis. Ce n’est plus le cas maintenant en raison des tarifs punitifs à la frontière.
C’est ce qui se produit pour l’ensemble de l’industrie de l’aluminium au Canada, selon le président et chef de la direction de l’Association de l’aluminium du Canada.
45 % de ce qu’on envoyait vers les États-Unis n’y va plus. De ce 45 %, à peu près les trois quarts sont redirigés vers le marché européen
, indique-t-il.
Au mois de mars, lorsque les tarifs ont été imposés, le Canada avait exporté vers les États-Unis pour près de 1,4 milliard de dollars en aluminium. En août dernier, cette valeur était tombée à 618 M$, soit moins de la moitié.
C’est la première fois que de l’aluminium local est expédié outre-mer du port de Bécancour. Selon le PDG de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour, Donald Olivier, le port s’est offert pour jouer un rôle dans la diversification des marchés dès que les menaces tarifaires de l’administration Trump ont commencé, en février.
Alcoa, copropriétaire de l’ABI, avait à plusieurs reprises évoqué l’Europe pour écouler son métal, en prenant soin d’ajouter qu’il lui fallait tout de même continuer à exporter chez le voisin du sud pour honorer les contrats signés avec ses clients américains.
Article de Louis Cloutier, Radio-Canada, Pour la première fois, le port de Bécancour transborde de l’aluminium | Radio-Canada