Possible fusion de Rio Tinto et Glencore : des interrogations, mais pas d’inquiétude

Les discussions entre les géants miniers Rio Tinto et Glencore en vue d’une fusion soulèvent des interrogations, mais peu d’inquiétude au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Si la fusion se concrétise entre la société suisse Glencore et le géant anglo-saxon Rio Tinto, l’entreprise qui en résulterait deviendrait la plus importante minière au monde.

Sa valeur boursière atteindrait 260 milliards de dollars américains.

Il y a un an, des discussions semblables avaient déjà eu lieu, mais étaient tombées à l’eau.

La transaction pourrait passer par un rachat des actions de Glencore par Rio Tinto, qui a jusqu’au 5 février prochain pour annoncer ses intentions.

Une production importante

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, Rio Tinto possède quatre alumineries, soit celles d’Alma, au Lac-Saint-Jean, et celles du Complexe Jonquière, de Grande-Baie et de Laterrière, à Saguenay.

Ces installations représentent près de la moitié de la capacité de production mondiale d’aluminium de Rio Tinto.

L’annonce des discussions en cours suscite des interrogations, alors qu’il est difficile de connaître précisément les impacts qu’une telle transaction pourrait avoir.

À l’Usine Alma de Rio Tinto, le syndicat craint cependant que la division aluminium ne sorte pas nécessairement gagnante d’une possible fusion.

On n’est pas nécessairement des plus enthousiastes par rapport à une fusion de cette ampleur-là, indique d’emblée le président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma, Louis Boudreault.

On fait partie du groupe Rio Tinto qui va relativement bien. On n’est pas dans une entreprise qui est en difficulté, ça fait que des fois on cherche à comprendre quel est le but qui peut être recherché là-dedans, se questionne-t-il.

Les effets de l’acquisition d’Alcan par Rio Tinto, en 2007, ont laissé certains travailleurs sur leurs gardes.

Un peu comme on l’avait vécu avec l’acquisition d’Alcan, malheureusement, ça n’amène pas nécessairement toujours des effets positifs au niveau des travailleurs, puis des installations dans nos régions.Une citation deLouis Boudreault, président du Syndicat des travailleurs de l’aluminium d’Alma

Il ne s’inquiète pas cependant pour les investissements en cours dans la région et le développement de la technologie Elysis, qui permet de produire de l’aluminium sans émettre de carbone.

La mairesse d’Alma, Sylvie Beaumont, a indiqué via son service des communications ne pas s’inquiéter d’une possible fusion entre Rio Tinto et Glencore. Elle ne craint pas qu’une transaction puisse avoir un impact sur les investissements en cours ou à venir.

Le maire de Saguenay, Luc Boivin, n’a pas voulu commenter la situation.

Du côté du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida, on dit manquer d’information pour se prononcer.

Des impacts peu significatifs attendus

Le professeur en économie régionale à l’Université du Québec à Chicoutimi, Marc-Urbain Proulx, ne s’attend pas à ce qu’une possible fusion entre Rio Tinto et Glencore ait un impact significatif sur l’industrie de l’aluminium régionale.

Les effets sont toutefois difficiles à estimer, avance-t-il, étant donné le peu d’informations disponibles.

Je ne crois pas que cette transaction va modifier la perception de Rio Tinto du marché mondial, estime-t-il.

Le marché mondial de l’aluminium est en croissance. La demande est très forte à l’échelle mondiale, mais Rio Tinto, ici au Saguenay-Lac-Saint-Jean avec la division de l’aluminium, ça ne semble pas être sa priorité des priorités. Vous savez que Rio Tinto est dans plusieurs secteurs d’activité, rappelle-t-il.

Une situation différente de 2007

Une fusion entre Rio Tinto et Glencore entraînerait aussi une situation différente de celle vécue dans la région lors de l’achat d’Alcan par Rio Tinto, croit le conseiller régional de la FTQ, Marc Maltais.

Il a vécu les impacts de la transaction alors qu’il faisait partie de l’exécutif syndical de l’Usine Alma de Rio Tinto, puis comme président du syndicat, dans les années qui ont suivi.

Il faut se rappeler qu’à l’époque, c’est Rio Tinto qui achetait Alcan. Maintenant c’est Rio Tinto qui parle d’acheter Glencore, donc au niveau des installations régionales, d’après moi, Rio Tinto, si l’achat se fait bien entendu, va implanter sa propre culture, estime-t-il.

À l’époque, je croyais qu’il n’y aurait pas de différence. À quel point j’avais tort, je l’ai réalisé par la suite. Mais je ne pense pas qu’on vive le même choc dans la région, ni au niveau économique ni au niveau syndical.Une citation deMarc Maltais, conseiller régional de la FTQ

Il dit ne pas avoir d’inquiétude pour l’instant en vue d’une possible fusion et souligne que les deux géants ont des opérations complémentaires au Québec.

Du côté des installations régionales de Rio Tinto, on n’a pas voulu commenter les discussions.

Article de Myriam Gauthier, Radio-Canada, Possible fusion de Rio Tinto et Glencore : des interrogations, mais pas d’inquiétude | Radio-Canada

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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