Nickel : Glencore n’a pas de solution pour couvrir ses cales, conclut une étude

Faute d’une technologie « disponible sur le marché », la minière Glencore ne pourra pas couvrir les cales de son navire en provenance de la mine Raglan, au port de Québec, lors du déchargement d’un produit de nickel suspecté d’augmenter la concentration de la substance dans l’air ambiant.

Voilà ce que confirme une étude de préfaisabilité technique commandée par Glencore.

L’étude avait pour objectif d’évaluer la possibilité d’enfermer le processus de déchargement à l’aide d’un couvercle adapté à la configuration du navire MV Arvik I et à nos contraintes opérationnelles, explique Fabrice de Dongo, directeur des relations médias pour l’entreprise.

Confié à la firme d’ingénierie AtkinsRéalis, anciennement SNC-Lavalin, l’exercice a démontré qu’il n’existe aucune technologie ou solution disponible sur le marché pour couvrir les cales lors des opérations de transbordement.

À l’heure actuelle, la quasi-totalité des activités menées par Glencore au port de Québec se font sous couvert, à l’exception du déchargement de la pentlandite, un concentré contenant 17 % de nickel.

Provenant de la mine Raglan, au Nunavik, quelque 240 000 tonnes du produit sont déchargées chaque année à partir du même navire.

Chaque déchargement prend de quatre à cinq jours, à raison de 24 heures par jour. Au moins une des quatre cales du MV Arvik I est ainsi ouverte en permanence lors de l’opération. La pentlandite est ainsi exposée à l’air ambiant de 96 à 120 heures consécutives.

Sans une solution plus étanche, un système de brumisation est utilisé pour minimiser les émissions du produit volatil.

Ordonnance du ministère

L’étude de préfaisabilité était réclamée par le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) à la suite de manquements successifs observés chez Glencore ces dernières années au port de Québec.

La direction régionale du contrôle environnemental de la Capitale-Nationale a en effet établi une relation entre le cycle des navires accostés aux installations de Glencore et l’augmentation des concentrations de nickel mesurées dans l’air ambiant.

Des dépassements de la norme journalière de nickel dans l’air ambiant ont été enregistrés dans une station du ministère installée dans le Vieux-Limoilou. Des avis de non-conformité ont aussi été délivrés ces dernières années, notamment pour des bris d’équipement.

Québec confirme avoir reçu l’étude de préfaisabilité technique dans les délais demandés, soit au plus tard en date du 21 octobre 2025. Il en analysera le contenu avant de commenter ses conclusions.

Une fois l’analyse en cours de l’étude de préfaisabilité complétée, des informations complémentaires ou des précisions pourraient être exigées. Le ministère demeure en contact avec la compagnie et les échanges se poursuivent, affirme le porte-parole régional Frédéric Fournier.

Stations de surveillance

Outre la réalisation d’une étude de préfaisabilité technique concernant la mise sous couvert des cales, Québec a exigé plusieurs correctifs à Glencore dans son ordonnance délivrée l’an dernier. L’ensemble des actions ont été réalisées à l’échéance du 21 octobre, selon Québec.

La minière devait notamment installer deux stations de surveillance en continu, permettant de capter les émissions de pentlandite et de particules fines.

L’installation d’appareils ou équipements aux deux stations de surveillance a été réalisée, confirme Frédéric Fournier.

Selon Glencore, l’une d’entre elles a été installée dans le Vieux-Limoilou, à l’angle de la 1re Rue et de la 7e Avenue, alors que l’autre se trouve sur le territoire portuaire.

Une phase de rodage de 60 jours pour des essais et calibrations est amorcée, précise le ministère. Glencore aurait l’obligation de fournir un rapport des données au ministère tous les trois mois, à compter de la mise en fonction des stations et qui inclut la période de rodage.

Le premier rapport est donc attendu au plus tard le 21 mars 2026.

Glencore satisfaite

La multinationale se dit satisfaite des correctifs apportés à ses installations au port de Québec.

Nous sommes fiers du travail qui a été accompli dans le cadre de l’ordonnance, déclare son porte-parole, Fabrice de Dongo. La qualité de l’air est une préoccupation majeure pour la communauté, et c’est d’ailleurs pourquoi nous avons pris cette ordonnance au plus sérieux.

Sur l’incapacité de couvrir les cales du MV Arvik I, M. de Dongo croit que d’autres mesures ont depuis permis de minimiser les impacts lors du déchargement de la pentlandite.

Citant des données du MELCCFP, il note que la moyenne annuelle pour le nickel dans l’air était de 3,2 ng/m³ en 2024. Ce résultat est bien en dessous de la norme annuelle fixée à 20 ng/m³, se félicite M. de Dongo. Les données indiquent également que la conformité quotidienne a été respectée à 99 % (89 échantillons sur 90 conformes) l’année dernière.

Selon les données les plus récentes publiées par le ministère, aucun dépassement n’a été enregistré pour les premiers six mois de l’année 2025, ajoute le porte-parole de Glencore.

La multinationale revendique des investissements de plus de 60 millions $ au port de Québec depuis 2013 et s’engage à poursuivre ses améliorations en continu. Un audit de performance de ses équipements a d’ailleurs été réalisé ce printemps.

Avec tous les investissements réalisés au cours des dernières années, l’audit externe confirme que nous sommes sur la bonne voie : nos pratiques dépassent désormais les standards courants de l’industrie.

Article de David Rémillard, Radio-Canada, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2202468/glencore-port-quebec-etude-cales-transbordement

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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