Aluminerie Alouette investira jusqu’à 1,5 milliard pour moderniser ses installations, a confirmé mercredi à La Presse une source au courant du dossier.
Le premier ministre François Legault sera à Sept-Îles vendredi pour confirmer la nouvelle, initialement relayée par le média américain Bloomberg. L’investissement provient de sources de financement privées, selon cette même source, qui n’est pas autorisée à parler publiquement du dossier.
Aluminerie Alouette, qui emploie 950 personnes à Sept-Îles et qui appartient en partie à Rio Tinto, a aussi conclu une entente d’approvisionnement en électricité avec Hydro-Québec.
Le premier ministre François Legault avait déjà vendu la mèche sur ce projet en février dernier, talonné par Marc Tanguay, qui était alors chef de l’opposition officielle par intérim. « Le président d’Alouette me dit : on serait prêts à investir un milliard dans l’usine si vous êtes capables de revoir le prix de l’électricité », avait-il alors mentionné.
Dans une entrevue accordée à La Presse en février, le président et chef de la direction d’Alouette, Claude Gosselin, mentionnait effectivement être en négociations au sujet de son contrat d’approvisionnement en électricité qui prenait fin en 2029, et être en train d’élaborer un plan de modernisation et de décarbonation. Celui-ci s’échelonnerait sur une période d’environ 10 ans, ce qui mènerait autour de 2035, selon la date de début des travaux.
Rappelons qu’Hydro-Québec mène un plan d’action dont l’un des objectifs est d’ajouter 60 TWh, soit entre 8000 et 9000 mégawatts (MW) de puissance additionnelle, à son réseau d’ici 2035.
Défis liés aux droits de douane
En juin 2024, le gouvernement a annoncé dans un communiqué qu’Aluminerie Alouette faisait partie des 11 entreprises sélectionnées pour bénéficier d’un raccordement d’une puissance de 5 MW ou plus. Depuis le 15 février 2023, le gouvernement doit sélectionner chaque projet qui dépasse ce seuil, alors qu’auparavant il était dans l’obligation de desservir tout projet de moins de 50 MW.
L’annonce d’investissement chez Aluminerie Alouette survient à un moment où l’industrie rencontre des défis liés à l’imposition de droits de douane de 50 % de la part du gouvernement américain sur les importations d’aluminium.
L’hiver dernier, Alouette exportait 90 % de sa production aux États-Unis, mais se disait déjà prête à se tourner vers l’Europe en cas de besoin. Par le passé, la majorité de sa production était expédiée vers le Vieux Continent.
Avec la collaboration de Julien Arsenault, La Presse
Article de Camille Dauphinais-Pelletier, Radio-Canada, Sept-Îles | Modernisation de 1,5 milliard pour Aluminerie Alouette | La Presse