
Il y a du positif dans la guerre tarifaire, et l’industrie maritime québécoise peut certainement en tirer profit, croit John Parisella.
Devant les acteurs de l’industrie portuaire et maritime du Saint-Laurent et des Grands Lacs, rassemblés à Lévis pour les 5e Assises québécoises du secteur maritime, l’ex-délégué général du Québec à New York les a invités à poursuivre le dialogue avec leurs homologues américains.
«Continuez à discuter et à faire de la pédagogie. Il y a encore des représentants américains qui ne comprennent pas le rôle crucial du Canada dans la chaîne d’approvisionnement», les a-t-il encouragés.
Se disant «optimiste» quant au dénouement de cette guerre commerciale avec les États-Unis, l’ancien diplomate invite le secteur maritime à adapter ses stratégies en fonction de cette nouvelle réalité.
«On ne se mentira pas: le mouvement MAGA ne disparaîtra pas après Trump et la situation ne reviendra pas comme avant.»
Il croit tout de même qu’une «fenêtre d’opportunités» vient de s’ouvrir. Et que le secteur maritime ne doit pas manquer le bateau.
Un bon timing
John Parisella voit d’un bon œil l’entente commerciale conclue lundi entre les États-Unis et le Royaume-Uni ainsi que la trêve tarifaire de 90 jours intervenue avec la Chine.
«C’est court 90 jours, mais ça démontre que l’administration Trump a une certaine flexibilité et où on peut continuer de négocier.»— John Parisella
Même si le Canada n’est pas partie prenante de ces ententes, il peut en tirer avantage lors de ses négociations.
L’arrivée d’un nouveau gouvernement fédéral pourrait lui être favorable, et ce, même s’il est minoritaire.
«C’est un bon timing pour être proactif. On a une certaine stabilité politique pour deux ou trois ans. Le patriotisme canadien s’est exprimé et je vois que les acteurs de votre industrie se mobilisent. C’est positif», analyse-t-il.
Sans oublier que le prochain Sommet du G7 se tiendra en Alberta en juin, avec le Canada comme pays hôte, souligne John Parisella.
«Ce sera une occasion de rebondir», espère-t-il.
«On a 14 autres ententes commerciales avec une cinquantaine de pays», a-t-il rappelé, bien que «les États-Unis demeureront notre principal partenaire».
Comme plusieurs observateurs, John Parisella attend aussi de voir si le gouvernement Carney tiendra sa promesse de revoir à la baisse les barrières interprovinciales dès juillet, ce qui «favoriserait le commerce national» et le transport maritime jusqu’aux Grands Lacs.
Un rôle crucial
Ce discours optimiste a semblé apaiser les craintes des acteurs de l’industrie maritime qui est au cœur du commerce bilatéral entre les deux pays.
Ces dernières semaines, avec l’annonce des droits de douane, les entreprises ont dû revoir leurs stratégies commerciales pour s’assurer que leurs chaînes d’approvisionnement soient optimisées.
Dans cette dynamique, le secteur maritime joue un rôle crucial dans cette diversification, car il est le principal mode de transport offrant aux entreprises une ouverture vers le monde, a rappelé Mathieu St-Pierre, PDG de la Société de développement économique du Saint-Laurent (SODES).
«On veut faire partie de la solution. Et des solutions, on en a», a-t-il affirmé lors des Assises québécoises du secteur maritime.

250 000 AMÉRICAINS ATTENDUS
Il n’y a pas que les marchandises qui naviguent sur le Saint-Laurent. Les passagers aussi, a rappelé Croisières du Saint-Laurent. Et parmi eux, une proportion croissante de touristes américains s’offriront des vacances au Québec.
Près de 250 000 visiteurs américains sont attendus cette année et dépenseront dans les régions avoisinant les neuf escales du Québec.
«Les Américains, c’est un marché d’importance, surtout avec la faiblesse de notre dollar qui les attire. On est heureux de les accueillir», est intervenu René Trépanier, de Croisières du Saint-Laurent.
En 2024, les croisiéristes, de toutes provenances confondues, ont dépensé en moyenne 364 $ par jour, générant des retombées de 329,3 millions de dollars dans les différentes régions le long du Saint-Laurent. Ces dépenses ont engendré une valeur ajoutée de 192,2 millions pour l’économie québécoise.
Article d’Annie Lafrance, Le Soleil, L’industrie maritime doit être proactive, estime Parisella