Les appels d’offres de la STQ pour la construction de trois traversiers diesels-électriques se poursuivent et permettent d’apprendre que les navires conçus pour les traverses de Sorel-Tracy et de L’Isle-aux-Coudres devront aussi pouvoir servir en relève à Tadoussac.
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La ministre des Transports Geneviève Guilbault a annoncé en janvier 2023 la construction de trois traversiers électriques rechargeables avec une première mise en service en 2029.
Les appels d’offres font cependant mention de navires «électriques hybrides».
«La nature du projet n’a pas changé depuis l’annonce de janvier 2023. On parle toujours de navires hybrides électriques rechargeables. Les navires opéreront en mode électrique aux traverses auxquelles ils sont assignés. Le mode hybride est requis afin d’effectuer les transits sur de longues distances ou encore d’assurer la continuité des opérations en cas de besoin», a expliqué Simon Laboissonnière, porte-parole de la STQ.
La STQ dispose déjà d’un navire diesel-électrique rechargeable, le NM Peter-Fraser, en opération à la traverse de L’Isle-Verte. Lorsqu’il a été mis en service en 2013, il était le premier de ce type en Amérique du Nord. Construit au Chantier naval Forillon, de Gaspé, le navire a une capacité de 12 voitures et 70 passagers. L’intégration électrique a été réalisée en collaboration avec Techsol Marine, de Québec. Photo tirée du site de la STQ
L’interopérabilité avec la traverse de Tadoussac amène aussi la question si le GNL était envisagé comme mode de propulsion, comme les deux navires qui y sont en service. La STQ a indiqué que ce n’était pas le cas.
Aucun système de recharge n’est non plus prévu à Tadoussac. «Pour le moment, les navires fonctionneront en mode hybride non rechargeable en cas de relève», a précisé Anne-Josée Cameron, de la STQ.
Des défis
Concept naval experts maritimes, une entreprise de Québec, a obtenu le contrat d’architecture des navires, pour près de 2,5 millions de $. L’entreprise a travaillé à la conception des traversiers de Tadoussac et sur d’autres navires de la STQ, a confirmé Mme Cameron.
Cependant, la conception du système de propulsion a fait l’objet d’un autre appel qui s’est conclu en janvier et dont le résultat n’est pas encore connu.
La STQ a défini plusieurs études à réaliser à l’intérieur de ses appels.
L’interopérabilité entre les trois traverses amène des défis, par exemple en raison de la différence de la profondeur de l’eau, de l’épaisseur des glaces, des marées, des courants et des vents. La STQ prévoit aussi modifier le débarcadère simple pour un double à Sorel-Tracy. La même chose était initialement prévue à L’Isle-aux-Coudres, mais en août 2023, le gouvernement a mis le dossier sur pause. Le projet fera l’objet d’une nouvelle analyse en 2026.
Le NM Catherine-Legardeur devait assurer la relève à la traverse de Sorel-Tracy. Mais le navire est à l’arrêt depuis septembre en raison de problèmes de transmission. La STQ a publié des appels d’offres totalisant plus de 2,6 M$ pour réparer le navire. Photo tirée du site de la STQ
La STQ veut comparer les configurations conventionnelle et amphidrome; c’est-à-dire un navire identique aux deux extrémités qui peut se déplacer indifféremment de l’avant ou l’arrière.
Enfin, pour limiter le coût des batteries et déterminer la capacité de recharge à quai, la Société demande de déterminer le temps de recharge en fonction de l’horaire des traverses. Elle demande aussi l’analyse d’un système d’amarrage automatique pour optimiser le temps de recharge.
Une entreprise étrangère
Simsonship Shipbrokers, un courtier suédois, a obtenu un contrat de 92 mois d’une valeur se situant entre 1 et 1,4 million de $.
«La STQ fait affaire avec des courtiers maritimes à l’occasion. [Elle] agit comme intermédiaire et dirige l’armateur vers un chantier qui pourra répondre à ses besoins. [Elle] peut aussi l’assister pour la négociation du contrat», précise M. Laboissonnière.
Des deux entreprises qui ont répondu à l’appel d’offres, «seule Simsonship a entrepris les démarches auprès de l’Autorité des marchés publics en vue de l’obtention de son autorisation à contracter», a répondu Mme Cameron. Le contrat a ainsi pu être donné de gré à gré.
Enfin, la firme Deloitte s’occupera du volet affaire et économique du projet en vertu d’un contrat de 805 000$.
Échéancier préliminaire
- Début 2025: Octroi du contrat de l’intégrateur électrique
- Automne 2025: Conception de l’architecture du système électrique de propulsion
- Début 2026: Appel d’offres pour la sélection du chantier
- 2028: Appel d’offres et octroi du contrat des infrastructures terrestres
- 2028: Octroi contrat du chantier
- 2029: Première mise en service
Article de Martin Lavoie, Le journal de Montréal, 1er avril 2025