Les États-Unis estiment que les mesures de protection des mammifères marins mises en place par le Canada sont à la hauteur de leurs standards. La décision était attendue depuis des années.
La National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA) a dévoilé le 2 septembre le résultat de son évaluation des mesures de gestion des pêches dans les pays exportateurs de fruits de mer.
La NOAAen est arrivée à la conclusion que les mesures mises en place par le gouvernement canadien pour protéger les mammifères marins – dont les baleines noires – sont au moins comparables à celles des États-Unis. Cela permettra aux pêcheurs canadiens de garder leur accès au très lucratif marché américain.
Les représentants des pêcheurs satisfaits
Cette décision, qui avait été reportée à plus d’une reprise, est bien accueillie dans l’industrie en Atlantique, où d’importants efforts ont été effectués pour protéger les baleines au cours des dernières années. On peut notamment penser aux fermetures de zones et à la lutte contre les engins fantômes.
Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels (FRAPP), dit qu’il s’y attendait, mais que c’est tout de même une bonne nouvelle.
On était très confiants parce qu’on savait qu’on avait des mesures au moins égales, sinon de beaucoup supérieures à ce qui se fait aux États-Unis, particulièrement dans le crabe des neiges et le homard. On était assez certains de notre affaire. Mais la décision leur appartenait. Et là, de voir que ça passe, on est bien contents
, dit-il.
Jean Lanteigne, directeur général de la Fédération régionale acadienne des pêcheurs professionnels
Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach
Même son de cloche du côté de l’Union des pêcheurs des Maritimes. Son directeur général, Martin Mallet, se réjouit de la décision de la NOAA.
Nous étions tout de même confiants qu’avec tout le travail de l’industrie des pêches et du gouvernement en lien avec la protection des baleines ces dernières années, que le Canada était devenu un leader mondial en la matière et que nos mesures de protection allaient bien au-delà de celles des Américains
, affirme-t-il.
Le directeur général de l’Association des transformateurs de homard des Maritimes, Nathanaël Richard, abonde dans le même sens.
C’est pas une surprise, c’est une bonne chose. C’est une reconnaissance de beaucoup de travail de la part de nos gestionnaires, de beaucoup d’intervenants dans l’industrie, des pêcheurs
, dit-il.
Un modèle collaboratif enviable
Selon l’experte en conservation marine Lyne Morissette, ce qui a convaincu l’agence américaine c’est le modèle de collaboration entre le gouvernement canadien et l’industrie des pêches. Les pêcheurs ont fait partie de la solution pour protéger l’espèce. Ainsi, on a obtenu une efficacité et une rapidité qui ont fait la différence
, explique-t-elle.
Le Canada est aussi parvenu à développer des outils technologiques alors que les Américains ont mis des années à trouver des modèles qui fonctionnent.
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Une bouée de ce genre demeure au fond de l’eau avec les casiers et remonte à la surface uniquement lorsque le capitaine active une clé acoustique.
Photo : gracieuseté de Devocéan/Camille Pépin
Je pense aux bouées à remontée sur demande, qui marchent sans le cordage vertical, ce qui réduit le risque d’empêtrement des baleines
, souligne Lyne Morissette.
Mais l’experte se dit prudemment optimiste puisque la certification de la NOAA doit être renouvelée tous les quatre ans. Le Canada doit donc poursuivre ses efforts pour la protection et la conservation des mammifères marins.
Article de Pascal Raiche-Nogue, Radio-Canada, Les États-Unis enfin satisfaits des mesures de protection des baleines du Canada | Radio-Canada