François Legault estime qu’il est « impossible » pour les États-Unis de se priver de l’aluminium québécois. Il assure toutefois que des mesures seront prises pour protéger les travailleurs de l’industrie si les États-Unis vont de l’avant avec leurs menaces tarifaires.
Le premier ministre du Québec a visité Aluminerie Alouette, à Sept-Îles, jeudi. Après avoir serré la main à des dizaines d’employés, il a discuté de droits de douane pendant plus d’une heure avec des représentants de l’industrie de l’aluminium.
Tout au long de sa visite, François Legault s’est voulu rassurant, mais réaliste, en reconnaissant que l’industrie de l’aluminium pourrait être touchée si Donald Trump allait de l’avant avec ses droits de douane, attendus dès samedi.
Dans tous les cas, on va mettre en place des programmes pour protéger les travailleurs, protéger les Québécois. Mais je le répète, notre premier choix, c’est qu’il n’y ait pas de tarifs
, dit le premier ministre.
Le premier ministre François Legault serre la main du président et chef de la direction d’Aluminerie Alouette, à Sept-Îles.
François Legault a également rappelé l’importance des exportations d’aluminium pour les États-Unis, un point qu’il souhaite faire valoir lors de sa visite à Washington le 12 février prochain.
Si l’objectif de M. Trump c’est de remplacer les produits qui sont faits au Québec, ce n’est pas possible. Il sera obligé d’importer l’aluminium d’autres pays. Dans tous les cas, ça veut dire une augmentation importante des prix payés par les acheteurs américains
, assure le premier ministre.
Le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, croit aussi que l’industrie de l’aluminium québécoise est essentielle pour les États-Unis. Il reconnaît toutefois que les droits de douane de 25 % pourraient avoir un effet dévastateur, notamment sur les petites entreprises.
Le président de l’Association de l’aluminium du Canada, Jean Simard, était présent à Aluminerie Alouette lors du passage de François Legault.
Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
C’est là où le gouvernement doit faciliter l’accès à du financement. Le premier impact [des tarifs] serait une crise de liquidités
, prévient-il.
Pour sa part, le président et chef de la direction d’Alouette, Claude Gosselin, juge que son entreprise est dans une bonne position pour faire face aux menaces du président américain. Il reste malgré tout préoccupé par d’éventuels droits de douane.
Les contrats à partage de risques nous permettent ça aussi. Lorsqu’il y a des changements importants dans les prix, ça nous permet de moduler nos coûts
, explique-t-il.

Photo : Radio-Canada / Alban Normandin
Selon Aluminerie Alouette, plus de 90 % de sa production a été expédiée sur le marché américain au cours des dernières années, où l’aluminium est destiné aux secteurs de l’automobile et de l’aérospatiale, entre autres.
Claude Gosselin ajoute qu’Aluminerie Alouette pourrait se tourner vers d’autres marchés en cas de besoin, en Europe par exemple.
On est capable de naviguer dans différents scénarios. Pour l’instant, on ne voit pas d’impact sur nos opérations et le futur d’Alouette
, dit-il.
Accompagné de la ministre Kateri Champagne Jourdain, François Legault a aussi rencontré les maires de Sept-Îles et de Port-Cartier, Denis Miousse et Alain Thibault, lors de sa tournée jeudi. Il a ensuite rendu visite à l’entreprise Métal7.
Avec les informations d’Alban Normandin et de Renaud Chicoine-Mckenzie
Article de Nazdar Roy, Ici Côte-Nord, « Les Américains ne peuvent pas remplacer notre aluminium », assure Legault | Radio-Canada