Dans le cadre d’un nouveau programme, le Port de Sept-Îles veut encourager les armateurs à adopter de meilleures pratiques environnementales en leur offrant une réduction des frais portuaires.
Lancé la semaine dernière, le Programme bleu 5 étoiles s’inspire de L’Alliance verte, un organisme à but non lucratif qui offre une certification environnementale volontaire destinée à l’industrie maritime nord-américaine, explique la directrice de l’environnement et du développement durable du Port de Sept-Îles, Mélissa Sanikopoulos, en entrevue à l’émission Bonjour la Côte, mardi.
Il comporte deux volets : la diminution des émissions atmosphériques et la réduction des bruits sous-marins, poursuit-elle. L’enjeu au cœur du programme est la sécurité et la préservation des mammifères marins et des espèces en danger, explique Mélissa Sanikopoulos. C’est un enjeu auquel nous sommes très sensibles
, affirme-t-elle.
En 2024, 38,9 millions de tonnes de marchandises ont transité par le Port de Sept-Îles, le plaçant au second rang des ports canadiens quant au volume annuel d’activité.AILLEURS SUR INFO : Dans une Allemagne chamboulée, l’extrême droite séduit même des immigrants
Pour se prévaloir des rabais sur les droits d’entrée dans le port septilien, les armateurs doivent démontrer qu’ils possèdent une certification environnementale ou détiennent une technologie qui leur permet de réduire leur impact environnemental.
Les navires peuvent ainsi obtenir des rabais allant de 10 à 30 % des tarifs portuaires, et le Port de Sept-Îles envisage distribuer quelque 200 000 $ en lien avec le programme.
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Le Commandant Charcot a accosté à Sept-Îles le 23 janvier dernier lors d’une première croisière hivernale internationale sur la Côte-Nord. (Photo d’archives)
Photo : Site web / PONANT
Le Commandant Charcot, premier navire de croisière internationale hivernale à accoster à Sept-Îles, est aussi le premier récipiendaire de l’incitatif environnemental. Il s’agit d’un navire hybride carburant au gaz naturel liquéfié certifié par L’Alliance verte, explique Mme Sanikopoulos. Il possède des certifications en matière de bruit sous-marin et respecte certaines normes de réduction de la vitesse, précise-t-elle. On est très fiers qu’il puisse être le premier récipiendaire
, se réjouit-elle.
Le Bella Desgagnés, un navire de cargo et de passagers, a également des pratiques d’excellence
, affirme-t-elle. Le navire peut ainsi profiter d’un rabais de 30 % de ses frais portuaires.
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Le Bella Desgagnés est un navire de passagers et de cargo, qui dessert notamment l’île d’Anticosti et la Basse-Côte-Nord. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / François Gagnon
Le Programme bleu 5 étoiles s’adresse à l’ensemble de l’industrie maritime, précise la directrice de l’environnement et du développement durable.
Selon elle, la recherche est un élément crucial dans la diminution de l’impact environnemental des navires. Dans certains cas, les technologies requises n’existent pas encore, observe-t-elle. Tout passe par l’innovation
.
À l’heure actuelle, le Port de Sept-Îles et des chercheurs de l’Université de Sherbrooke étudient les possibilités d’électrification des navires. Dans le cas des vraquiers, le principal type de bateau accueilli à Sept-Îles, il n’existe pas de normes internationales en matière d’électrification pour le moment, signale Mélissa Sanikopoulos.
Des milieux concentrés en matière d’activité humaine
C’est vraiment une très bonne idée
, commente Émilie Saulnier-Talbot, professeure adjointe à l’Université Laval aux départements de biologie et de géographie. Selon elle, le nouveau programme démontre encore le leadership du Port de Sept-Îles au niveau de l’action environnementale
.
Les ports sont des lieux où l’activité humaine est particulièrement concentrée, rappelle-t-elle. Évidemment que toute activité humaine a un impact sur l’environnement, que ce soit l’environnement marin ou l’environnement terrestre. Dans les villes portuaires, on est à l’interface des deux.
On sait que la majorité des échanges commerciaux sur la planète sont faits par bateau. […] C’est fondamental pour l’économie globale, mais ça vient avec un prix.Une citation deÉmilie Saulnier-Talbot, professeure adjointe à l’Université Laval aux départements de biologie et de géographie
Avec des bateaux de plus en plus massifs, l’impact du bruit des moteurs et de l’utilisation des hydrocarbures a un impact grandissant sur les écosystèmes marins et terrestres. La pollution atmosphérique est très mobile
, rappelle Mme Saulnier-Talbot.
L’impact de la pollution et du bruit sur les mammifères marins est de mieux en mieux documenté, mais ce ne sont pas les seuls animaux à subir des effets : des études effectuées sur des animaux invertébrés, comme les mollusques, démontrent que ces plus petits animaux marins ressentent aussi les effets du trafic maritime, indique la chercheuse. Même les organismes qui n’ont pas la faculté d’entendre […] sont dérangés par le bruit
.
En plus d’être un enjeu environnemental, l’impact de l’industrie maritime a des conséquences économiques, rappelle-t-elle. Plus l’environnement se dégrade, plus les services écosystémiques qu’on retire de l’environnement se dégradent aussi.
Article de Raphaëlle Laverdière, Ici Côte-Nord, Le Port de Sept-Îles encourage les armateurs à réduire leur impact environnemental | Radio-Canada