Le Carnet de Karine: Vincent Lanouette souhaite favoriser le recrutement de pilotes maritimes

Chaque semaine, la chroniqueuse et journaliste Karine Gagnon vous convie à une grande entrevue avec une personnalité marquante de la Capitale-Nationale.


Président depuis cette année de la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, qui est l’une des plus anciennes au Canada, Vincent Lanouette se fait un devoir de contribuer au recrutement de jeunes dans ce beau métier encore méconnu qui est en quête de relève.

Originaire de la banlieue de Montréal, Vincent Lanouette a grandi dans une famille férue de la pratique de la voile. Ce sont très certainement ces expéditions sur l’eau qui ont semé en lui, contre toute attente, cette envie de devenir pilote maritime.

«Très jeune, j’ai su que je ne voulais pas faire du 9 à 5», lance celui qui est très bien servi.

Travailler comme pilote maritime implique un horaire atypique, de jour comme de nuit, avec beaucoup de déplacements et sur différents types de navires. «C’est toujours changeant, toujours intéressant», dit-il.

Long processus

J’ai appris, lors d’une conférence de M. Lanouette à l’île d’Orléans, que cette industrie peinait à recruter. «C’est un beau métier, qui est un peu méconnu […], mentionne en entrevue Vincent Lanouette. C’est un défi de faire connaître le domaine de la navigation.»

L’un des facteurs qui peuvent aussi expliquer les difficultés de recrutement, c’est le long cheminement qui est nécessaire avant de devenir pilote. À titre d’exemple, entre le moment où un étudiant débute à l’Institut maritime du Québec (IMQ) et celui où il pourra piloter le Queen Mary, il peut s’écouler une période de 19 ans.

«Mais ce ne sont pas 19 ans qui sont pénibles, souligne ce pilote, ce sont 19 belles années pour se rendre jusqu’à piloter de plus gros navires […] À partir du jour 1, c’est plaisant.»

Après le secondaire, Vincent Lanouette est donc entré à l’IMQ et a obtenu un diplôme d’études collégiales en navigation. Le programme comprend trois ans de théorie et un an de stage en mer.

Il faut ensuite réussir les examens de Transports Canada. C’est là que commence la carrière de pilotage en débutant comme troisième officier, puis comme deuxième et premier officier, pour ensuite devenir capitaine. Il faut réussir d’autres examens à différentes étapes.

Et ce n’est pas tout, car vient ensuite la formation d’apprenti pilote, où l’on se concentre sur un secteur en particulier.

Plusieurs règles

Sur le Saint-Laurent, la zone de pilotage obligatoire débute aux Escoumins et va jusqu’à Québec, territoire couvert par la Corporation que préside M. Lanouette.

Elle s’étend ensuite jusqu’à Montréal, où la Corporation du Saint-Laurent central prend le relais.

Si l’on dit «obligatoire», c’est parce que, pour circuler sur le fleuve, un navire doit absolument être dirigé par un pilote du Saint-Laurent, en vertu de la Loi sur le pilotage en vigueur au Canada.

Le capitaine d’origine se trouve à bord, mais cède les rênes du navire pour la traversée du territoire. «On a une rencontre avec lui, il nous explique les caractéristiques de son navire et tout, mais c’est nous qui assumons la conduite, et ce jusqu’à Québec.»

L’une des étapes les plus risquées survient lorsque le pilote doit monter à bord et descendre du navire, ce qu’il doit faire en mouvement. Les conditions météo ne sont pas toujours idéales et il arrive que des accidents se produisent.

Le bilan de sécurité s’avère néanmoins excellent, souligne M. Lanouette avec fierté. Les pilotes ont d’ailleurs accès à des simulateurs qui sont à Québec et qui reproduisent toutes les conditions de navigation et permettent de pratiquer les manœuvres d’urgence. «C’est une formation en continu», explique-t-il.

Communiquer en français

Fait intéressant, la Corporation des pilotes du Bas Saint-Laurent, qui est basée à Québec, a été fondée il y a 165 ans.

Comme président, M. Lanouette a un rôle de représentation et s’occupe de faire le lien avec les agents de navires, les ports de Québec et de Saguenay, Rio Tinto, etc., afin de planifier les déplacements maritimes.

Parlant de fierté, les pilotes du Saint-Laurent communiquent en français, que ce soit avec les plaisanciers, les remorqueurs ou la garde côtière. Ils tiennent à ce que ce soit préservé. «On prend ça pour acquis, observe M. Lanouette, mais ce n’est pas toujours évident et il faut le rappeler.»

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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