Le Canada condamné à s’entendre avec les États-Unis en raison de ses ports trop lents ?

Le Canada pourrait être condamné à faire affaire avec les États-Unis plutôt que de se tourner vers les marchés européens et asiatiques à cause de l’inefficacité de ses ports.

Sur les 172 ports de taille moyenne à travers le monde, le port de Montréal arrive au 140e rang, a indiqué l’économiste de l’IEDM, Emmanuelle B. Faubert, en entrevue à QUB radio et télé.

«Les ports sont trop lents», a-t-elle affirmé.

Les ports canadiens font en général piètre figure; seul celui de Halifax se trouve dans le top 100.

Ce classement est fondé sur l’efficacité de chaque port, c’est-à-dire la rapidité avec laquelle la marchandise des bateaux est chargée et déchargée.

«Ce qu’on remarque en ce moment, c’est que nos ports, au niveau mondial, se classent très bas en termes d’efficacité et ça ne fonctionne pas bien», soutient Emmanuelle B. Faubert.

Actuellement, près de 400 millions de dollars de marchandises transitent tous les jours au port de Montréal, soit environ la moitié du volume quotidien du port de Vancouver.

«Plus c’est long, moins il y a de marchandises qui vont et viennent. C’est du temps qui est passé au port, c’est aussi moins de marchandises qui sont transitées par les mêmes bateaux, c’est moins de marchandises qui arrivent et qui partent du Canada. Donc, on veut optimiser ça. On veut s’assurer qu’il y a plus de marchandises qui passent», explique l’économiste.

Or, ce manque d’efficacité fait en sorte qu’il est moins avantageux pour les autres pays d’effectuer des échanges commerciaux avec le Canada.

La faute des syndicats?

La vitesse de transit des ports est loin d’être optimale au Canada, et c’est en bonne partie à cause des syndicats qui font obstacle à l’automatisation des installations portuaires, affirme Mme Faubert.

Chaque fois qu’il y a une tentative d’automatisation, ça bloque au niveau des syndicats parce que, pour les syndicats, ils disent que ça met en danger leurs emplois, mais le problème, c’est qu’en ayant ces grèves-là avec les syndicats qui veulent s’assurer que chaque inscription, chaque tâche soit faite par un humain, ça fait en sorte que ça tient l’économie au complet du Canada en otage parce que ça nous empêche de transiter plus de marchandises à travers nos ports», indique-t-elle.

De plus, ce manque d’efficacité coûte cher à notre économie de plus d’une façon.

«Chaque heure qu’un bateau va passer sur le quai de Montréal, il y a des frais juste pour avoir le bateau, mais aussi, il faut payer les employés pendant ces heures supplémentaires là qui sont passées sur le quai», indique Emmanuelle Faubert.

«Non seulement ça coûte plus cher pour cette marchandise-là, mais après ça, ça nous empêche de recevoir d’autres marchandises d’autres bateaux», ajoute-t-elle.

Puisque les bateaux ont une durée de vie limitée, le temps perdu au port finit aussi par réduire la rentabilité du navire.

Article de Yannick Beaudoin, Le journal de Montréal, Le Canada condamné à s’entendre avec les États-Unis en raison de ses ports trop lents? | JDM

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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