Le projet de relancer le service de traversier entre Rimouski et Forestville, interrompu depuis 2022, franchit une nouvelle étape. Les Industries Rilec annoncent avoir mis la main sur les installations portuaires des deux rives, autrefois détenues par les administrateurs de l’ancienne mouture de la liaison maritime.
Pour marquer le coup, une affiche montrant le traversier européen dans la mire de l’armateur et sur laquelle on peut lire En route pour 2026
a récemment été posée sur l’ancienne billetterie. Cette fin de semaine, des gens de Rilec s’affairaient à mesurer les dimensions des installations nouvellement acquises, comme la rampe d’embarquement et l’approche.
L’entreprise derrière le projet de relance confirme vouloir les adapter pour mettre en service la liaison maritime dès mai 2026. Des rencontres ont déjà eu lieu avec la Société portuaire Bas-Saint-Laurent–Gaspésie afin de définir les différentes étapes de cette mise à niveau
, peut-on lire dans la missive transmise aux médias lundi.
Rilec entend même remplacer les infrastructures existantes en vue d’accueillir un traversier plus gros que le CNM Évolution. La rampe qu’on voit ne sera pas nécessairement la rampe finale
, avance le pdg des Industries Rilec, Louis-Olivier Carré.
Toujours pas de financement… ni de bateau
Malgré ce nouveau jalon, la question du montage financier pour relancer le service demeure entière. En mai dernier, le ministère des Transports et de la Mobilité durable (MTMD) a refusé une demande de subvention de près de 9 millions de dollars déposée par Rilec pour, entre autres, acquérir et mettre aux normes un nouveau traversier.
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Le service de traversier entre Rimouski et Forestville est interrompu depuis 2022. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
C’est qu’il n’existe aucun programme ministériel qui permet de subventionner l’achat d’un navire par une entreprise privée, s’est défendu le ministère. Des enveloppes peuvent toutefois servir à rénover des quais ou entretenir des embarcations. C’est la Corporation de liaison maritime Rimouski-Forestville qui est l’interlocuteur privilégié pour les échanges avec Québec.
Le traversier ciblé est d’ailleurs toujours sur le marché européen. Il s’agit d’un navire pouvant embarquer 300 passagers et une centaine de véhicules et camions-remorques.
Malgré ces deux enjeux irrésolus, Louis-Olivier Carré se défend de mettre la charrue devant les bœufs en s’annonçant en route pour 2026
. On met une date, et tout le monde doit concrétiser ses efforts pour arriver à cette date-là et de revenir avec un service pour la population
, martèle-t-il.
Des élus optimistes

Le maire de Rimouski, Guy Caron (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Le maire de Rimouski, Guy Caron, voit d’un bon œil cette nouvelle acquisition par Rilec. Il rappelle toutefois que le modèle d’affaires utilisé auparavant n’était pas viable financièrement. Ça prend un modèle d’affaires qui soit viable. Maintenant on peut demander de l’aide au gouvernement du Québec pour différents éléments comme la mise aux normes pour l’acquisition d’un navire.
De son côté, la mairesse de Forestville, Micheline Anctil, croit également que d’autres étapes devront être franchies rapidement. Il y aura aussi bien sûr des études de navigation qui seront absolument nécessaires par la Société portuaire [du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie]. Donc [les employés] font une simulation avec un bateau et voir comment ça peut entrer dans nos deux ports.
Est-ce qu’on arrivera tous à cet échéancier-là? Je crois qu’on doit fixer une date butoir et on espère tous que ce sera le plus rapidement possible
, se questionne Mme Anctil.
Article d’Édouard Beaudoin, Radio-Canada, L’armateur du projet de traverse acquiert les installations de Rimouski et de Forestville | Radio-Canada