Le ministre responsable de la Capitale-Nationale presse Ottawa d’injecter des centaines de millions de dollars dans le maintien des infrastructures du Port de Québec. Jean-François Simard estime que le fédéral « ne peut pas se mettre la tête dans le sable » alors qu’une portion d’un quai centenaire s’est effondrée en début d’année.
Le Port de Québec espère obtenir 380 millions de dollars sur cinq ans pour la première phase du chantier. Notre quai s’effondre et nous avons besoin de l’aide du gouvernement fédéral
, a martelé le ministre à l’occasion d’un point de presse au port jeudi matin.
On demande un peu moins de 400 millions sur cinq ans. C’est quand même pas la mer à boire. […] Nous ne pouvons pas avoir une région qui se développe avec un port qui se dégrade.Une citation deJean-François Simard, ministre responsable de la Capitale-Nationale
Ottawa s’est jusqu’à présent montré ouvert à financer le projet. Une image du port de Québec a même été utilisée sur la couverture du budget fédéral, mais aucun engagement ferme n’a été confirmé.
Il faut accélérer les investissements pour sécuriser les infrastructures existantes
, convient le député fédéral de Québec-Centre. Jean-Yves Duclos estime que le refroidissement des relations commerciales avec les États-Unis justifie d’autant plus les investissements dans les infrastructures portuaires canadiennes.
Il faut accroître encore plus la capacité portuaire du port et ça passe non seulement par le maintien des infrastructures actuelles, mais par le développement d’autres capacités
, analyse-t-il.
Un terminal de conteneurs à la baie de Beauport
Le fédéral se fait d’ailleurs toujours attendre quant à la désignation du port de Québec comme terminal de conteneurs pour le commerce international. C’est la première étape qui permettra à l’entreprise QSL de lancer son projet de terminal dans le secteur de la baie de Beauport.
La PDG du Port de Québec, Olga Farman, ne cache pas son impatience face aux délais d’Ottawa. C’est clair, l’intention du gouvernement fédéral, avec l’appui du gouvernement provincial aussi, c’est d’avoir un port de conteneurs international à Québec. […] La désignation va être déposée, à mon avis, c’est dans les prochaines semaines, mais on me dit ça depuis six mois.
Une fois la désignation obtenue, QSL pourra officiellement déposer son projet aux autorités portuaires. Le processus d’évaluation environnemental qui suivra devrait s’échelonner sur environ un an.
Pas de chèque en blanc
Il n’y aura aucun chèque en blanc
, prévient le maire Bruno Marchand alors que le projet, comme celui de Laurentia qui a finalement avorté, soulève de nombreuses inquiétudes quant à la circulation de poids lourds et les conséquences sur la qualité de l’air du quartier Limoilou.
Le maire de Québec estime néanmoins qu’il s’agit d’un projet porteur pour le développement économique de la capitale.
Il n’est pas question de signer de chèque en blanc, il est question de travailler ensemble [pour] faire prospérer notre économie encore davantage en prenant en considération les attentes citoyennes.Une citation deBruno Marchand, maire de Québec
Une antenne de l’AIVP à Québec
Le Port de Québec a par ailleurs annoncé la création d’une antenne permanente de l’Association internationale villes et ports à Québec (AIVP).
Cette association basée au Havre, en France, compte 190 membres, principalement en Europe, en Afrique et en Amérique du Nord. Une personne travaillera à temps plein à partir de Québec pour renforcer la collaboration entre les villes et les ports sur le territoire nord-américain.
L’ouverture de cette antenne représente une dépense de 200 000 dollars par année, assumée à parts égales par l’AIVP, le Port de Québec, le gouvernement du Québec et celui du Canada.
Article de Jonathan Lavoie, Radio-Canada, Jean-François Simard presse Ottawa d’investir dans le port de Québec | Radio-Canada