Rio Tinto déposera dans les prochaines semaines son étude d’impact pour le Programme de gestion de l’érosion des plages et des berges du lac Saint-Jean 2028-2037.
L’entreprise a réalisé des consultations et des sondages avec les riverains depuis plusieurs mois et avec un comité consultatif du milieu composé d’une trentaine de représentants, dont les Innus de Mashteuiatsh, indique une publication de la multinationale.
Pour sa part, le Mouvement Onésime Tremblay demande que le prochain décret englobe tout le pourtour du lac Saint-Jean pour protéger de l’érosion des sites naturels, comme l’estuaire de la rivière Mistassini. Une lettre a été envoyée aux médias.
L’un de ses porte-parole, Éric Scullion, demande aussi de protéger la pointe Langevin.AILLEURS SUR INFO : La Chine et la Russie prennent de l’avance sur l’OTAN en Arctique
Les gens ne peuvent plus rien faire, la municipalité est allée au bout, les droits sont trop trop forts
, a-t-il débuté à ce sujet.
Cette bande de terre se trouve à la rencontre de la rivière Péribonka et de la Petite rivière Péribonka à Dolbeau-Mistassini. Elle a été fortement grugée par l’érosion et des demeures ont été démolies.
Selon Éric Scullion, personne n’ose aller en cour contre Rio Tinto, qui gère des barrages sur la Péribonka.
Ce sont tous des propriétaires privés, la Municipalité n’a pas d’argent et ils le savent très bien
, a-t-il continué en admettant que la compagnie a fait des efforts sur plusieurs aspects.
Éric Scullion et son mouvement demandent aussi à Rio Tinto de faire le maximum pour rendre esthétiques les travaux de protection des berges et des plages. Le nouveau plan de gestion des berges sera intégré au décret 2028-2037 entre Québec et la multinationale.
Le processus du BAPE
Déjà en mai, le mouvement demandait la tenue d’audiences publiques par le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE).
Une fois l’étude d’impact déposée au ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP), des échanges auront lieu avec l’entreprise.
Quand l’étude d’impact sera jugée recevable, une période d’information publique s’ouvrira. C’est à ce moment qu’une demande d’audiences publiques pourra être déposée. Une demande jugée non frivole est généralement acceptée par le ministre, selon le service des communications du BAPE.
Aux 10 ans
Selon l’infolettre de Rio Tinto, le programme de gestion existe depuis 1986. Il est encadré par des décrets de 10 ans.
L’entreprise gère le niveau du lac Saint-Jean pour maximiser sa production d’hydroélectricité. Les usines d’aluminium de la région sont autosuffisantes en électricité à 90 %. Rio Tinto possède les droits hydrauliques sur les rivières Péribonka et Saguenay.
Rio Tinto est propriétaire d’une grande partie des berges et plusieurs propriétaires de chalets bénéficient de baux de location à long terme.
Article de Michel Gaudreau et Pascal Girard, Radio-Canada, Gestion des berges du lac Saint-Jean : l’étude d’impact de Rio Tinto bientôt déposée | Radio-Canada