Québec permet que des travaux de dragage d’urgence soient effectués au port de Rimouski avant que le processus d’évaluation et d’examen des impacts sur l’environnement soit terminé. Les travaux de dragage les plus pressants, soit ceux aux postes d’amarrage 3 et 4 de la jetée est et dans une partie du chenal d’accès, sont ainsi autorisés.
L’objectif de cette demande formulée par la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (SPBSG) est de pouvoir draguer à ces endroits le plus rapidement possible, dès novembre, et au plus tard en décembre.
Les travaux demandés représentent de 15 à 20 jours de dragage sans arrêt. Leur coût est évalué à près de 2,2 millions de dollars.
Le but est d’assurer l’accès du navire Bella Desgagnés, chargé du ravitaillement de la Basse-Côte-Nord, et des pétroliers au port de Rimouski. Cet accès est menacé par l’accumulation de sédiments.
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Le dragage d’urgence pourra se faire aux quais d’amarrage 3 et 4 situés sur la jetée est du port de Rimouski et sur une partie du chenal d’accès.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc BlanchetAILLEURS SUR INFO : Trump : les villes américaines devraient servir de « terrain d’entraînement » pour l’armée
Ces opérations sont donc jugées comme étant les plus pressantes parmi celles incluses dans le projet décennal d’entretien des installations portuaires de Rimouski déposé par la Société portuaire auprès du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCC) pour autorisation. Ce projet prévoit des opérations de dragage d’ampleur dans plusieurs sections du port sur une période de 10 ans.
Le dragage d’urgence autorisé par Québec dans les dernières semaines représente 10 % de la zone visée par ce programme décennal. Cette zone pourra donc être draguée avant que le processus d’autorisation environnementale soit terminé.
Cela dit, la directrice de l’environnement et du développement durable à la Société portuaire, Caroline Ratté, explique que les répercussions sur l’environnement qu’aura ce dragage d’urgence seront tout de même analysées dans l’étude d’impact globale qui sera déposée dans les prochaines semaines pour l’ensemble du dragage à effectuer au port de Rimouski dans le cadre du projet décennal.
Ce qu’on va faire cet automne, c’est vraiment un dragage chirurgical […] en attendant d’avoir les autorisations plus complètes pour un dragage d’entretien plus global.Une citation deCaroline Ratté, directrice de l’environnement et du développement durable à la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie
Le ministre de l’Environnement peut recommander la soustraction d’un projet ou d’une partie d’un projet à cette procédure s’il juge que la situation nécessite sa réalisation dans des délais plus courts et s’il obtient un avis favorable du ministre de la Sécurité publique sur la nécessité de le réaliser pour contrer un sinistre.
L’accumulation de sédiments dans les installations portuaires de Rimouski et ses conséquences sur ces dernières peuvent être considérées comme un sinistre appréhendé puisqu’elles pourraient engendrer une rupture de services essentiels.
Dans l’avis qu’il formule quant à la demande de soustraction de la Société portuaire, le ministère de la Sécurité publique (MSP) souligne toutefois que la situation était déjà connue puisque l’accumulation d’alluvion, soit les sédiments accumulés au fond de l’eau, était prévisible. Nous trouvons regrettable que cette situation n’ait pas été prise en charge plus tôt par les autorités compétentes
, commente le MSP dans son avis remis au MELCC.
Il indique que le projet doit donc être perçu comme une mesure exceptionnelle
.
Caroline Ratté rappelle que le port de Rimouski était géré par Transports Canada jusqu’en 2020.
Elle ajoute que le processus d’évaluation environnemental est long. Seulement pour réaliser l’étude d’impact, par exemple, on se devait d’effectuer des forages pour aller caractériser des sédiments, bien obtenir les permis pour réaliser les forages, juste ça, ça prend plusieurs mois, voire presque un an
, explique Caroline Ratté.
Elle soutient que la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie s’assurera, à l’avenir, de toujours détenir les autorisations environnementales qui lui permettront de draguer lorsque nécessaire. On gardera un décret en vigueur en tout temps, mais c’est la période de transition qui est difficile pour nous actuellement
, ajoute-t-elle.
Éviter une rupture de services
Cette opération de dragage pressante est nécessaire, entre autres, pour permettre au navire Bella Desgagnés de continuer à accoster à Rimouski pour son ravitaillement. L’équipe de ce navire approvisionne l’île d’Anticosti et les villages de la Basse-Côte-Nord en produits essentiels, dont en denrées alimentaires.
Le dragage du port de Rimouski est non seulement nécessaire pour assurer la continuité des opérations du NM Bella Desgagnés, mais aussi pour garantir la sécurité des personnes à bord et maintenir un service essentiel à des communautés isolées
, soutient Relais Nordik inc., l’opérateur du Bella Desgagnés, dans une réponse transmise par écrit.
Il s’agit d’une mesure urgente et incontournable.Une citation deRelais Nordik inc., opérateur du navire Bella Desgagnés
Selon les documents soumis par la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie à la Direction de l’évaluation environnementale du MELCC, de la Faune et des Parcs, l’eau doit atteindre au minimum 5,1 mètres de hauteur pour que le Bella Desgagnés puisse circuler.
Or, l’accumulation de sédiments faisait en sorte que ce dégagement n’était plus disponible.
Les opérations de chargement du navire s’étendent sur une douzaine d’heures, soit sur un cycle complet des marées, ce qui ne permettrait pas au Bella Desgagnés de simplement faire concorder son accostage à Rimouski avec les horaires des hautes marées.
Le dragage d’urgence autorisé doit aussi permettre aux pétroliers de s’amarrer à Rimouski pour acheminer du pétrole par le pipeline installé au port.
Pour tout ce qui est du maintien du service essentiel, notamment au niveau du Bella Desgagnés, du pétrolier, on se devait d’agir rapidement.Une citation deCaroline Ratté, directrice de l’environnement et du développement durable à la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie
Le dernier dragage à Rimouski remonte à 2018, soit avant que le gouvernement fédéral transfère la responsabilité du port de Rimouski au gouvernement du Québec.
Article de Marie-Christine Rioux, Radio-Canada, Évaluation environnementale : un dragage d’urgence autorisé au port de Rimouski | Radio-Canada