Des pêcheurs et des armateurs exigent un dragage urgent au port de Rimouski, faute de quoi leurs opérations et la sécurité de leurs équipages seront compromises. « On est préoccupé », indique la PDG de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (SPBSG), Anne Dupéré.
Radio-Canada a obtenu la copie de trois lettres dans laquelle des usagers du port de Rimouski partagent leurs vives inquiétudes
concernant l’absence de dragage depuis 2018 au port de Rimouski.
La faisabilité d’envoyer des navires à Rimouski est sérieusement remise en question, non seulement d’un point de vue commercial, mais surtout d’un point de vue sécuritaire
, écrit notamment un responsable de Petro-Nav Inc., une division du groupe Desgagnés qui est chargée de transporter des produits pétroliers jusqu’au port de Rimouski.
Le pêcheur de crabe Marc Doucet a aussi envoyé une missive au gestionnaire du port pour dénoncer un niveau d’ensablement de plus en plus critique
.
Des travaux de dragage sont plus qu’urgents avant que surviennent des catastrophes pouvant mener à des pertes de vies humaines ou à des menaces à l’environnement.Une citation deExtrait de la lettre de Marc Doucet, pêcheur de crabe
Dans une autre lettre envoyée à la SPBSG, Relais Nordik, qui est propriétaire du Bella Desgagnés, ajoute que les conditions actuelles sont inadéquates pour répondre à nos besoins opérationnels
.
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La SPBSG doit aussi réexaminer son projet de rénovation du port, évalué à 39 millions de dollars. La jetée ouest, fermée à la population depuis 2015, est dans un piteux état.
Photo : Radio-Canada / Jean-Luc Blanchet
Trop de sédiments, moins de carburant
Anne Dupéré est consciente de l’urgence de la situation. C’est difficile pour eux [les armateurs] de rentrer au quai de façon sécuritaire à cause de la sédimentation. Ils doivent utiliser les hautes marées quand c’est possible
, explique la PDG de la SPBSG.
Depuis 2020, le Mia Desgagnés a dû réduire ses cargaisons de carburant d’environ 6000 m3 en raison de ce problème, selon des informations contenues dans la lettre de Petro-Nav Inc. envoyée à la SPBSG.
Ils doivent diminuer les quantités qu’ils livrent à Rimouski, donc venir plus souvent. Il y a une augmentation de coût
, précise Mme Dupéré.
La SPBSG souhaiterait procéder à un dragage d’urgence cet automne, mais l’organisme a déjà soumis une demande de dragage décennal à Québec, ce qui complique la situation puisque le gouvernement ne permet pas deux demandes simultanées.
C’est difficile parce qu’on a déjà une demande qui est déposée et ce n’est pas permis de scinder une partie du dragage. On fait des démarches auprès des autorités pour les sensibiliser à cette cause
, explique Mme Dupéré.
La ministre responsable du Bas-Saint-Laurent, Maïté Blanchette-Vézina, a d’ailleurs rencontré la SPBSG à ce sujet la semaine dernière.
Des discussions sont en cours afin de rapidement trouver une solution pour l’entretien nécessaire à court terme. Je continuerai de suivre ce dossier avec attention
, précise-t-elle dans une déclaration écrite.
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L’entreprise Relais Nordik, chargée du Bella Desgagnés, s’inquiète de la viabilité de ses opérations à long terme en raison d’un niveau d’ensablement trop grand au port de Rimouski. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Marc-Antoine Mageau
Des besoins de dragage évalués à 20 M$
Le dernier dragage à Rimouski date de 2018, soit avant que le gouvernement fédéral transfère la responsabilité du port de Rimouski au gouvernement du Québec. La SPBSG vient officiellement de déposer une nouvelle demande de dragage décennal, évaluée à 20 millions de dollars.
Le Bureau d’audiences publiques sur l’environnement (BAPE) devra approuver cette demande qui prévoit retirer 113 048 m3 de sédiments sur 10 ans au port de Rimouski. La SPBSG estime que, si tout se déroule rondement, le dragage décennal pourra s’amorcer en 2026.
L’organisme planche en parallèle sur un ambitieux projet de rénovation du port de Rimouski évalué à 39 millions de dollars. Les investissements nécessaires pour effectuer le dragage au port de Rimouski compliquent toutefois la donne.
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Anne Dupéré, présidente-directrice générale de la Société portuaire du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Luc-Manuel Soares
Le dragage a pris plus d’importance qu’on l’aurait cru, mais le projet continue. C’est sûr qu’on est plus en réflexion aussi avec toute cette situation-là. On retournera en consultation auprès des gens de Rimouski
, explique Mme Dupéré.
On essaie vraiment de trouver le scénario le plus logique possible qui respecte les coûts et qui respecte les objectifs qu’on a
, ajoute Anne Dupéré.
Les travaux devaient au départ s’amorcer en 2026, mais le projet a été repoussé à 2028. Sera-t-il retardé à nouveau? Je ne veux plus m’avancer sur des dates
, précise Mme Dupéré.
La SPBSG prévoit tenir des rencontres au cours des prochaines semaines afin d’évaluer différents scénarios dans ce dossier.
Article de Mathieu Berger, Radio-Canada, Dragage urgent demandé au port de Rimouski | Radio-Canada