Les juteux contrats de construction de navires promis par le gouvernement fédéral au Québec ne doivent pas servir qu’une ou deux générations. Pour la directrice générale de Naval Québec, Sylvie Laporte, le temps est venu d’établir une véritable filière et de raviver l’expertise québécoise, « en dormance » ces dernières années.
De l’eau a coulé sous les ponts depuis la dernière conférence annuelle de l’association Naval Québec, qui représente des centaines de fournisseurs et d’entreprises de l’industrie à travers la province.
À Lévis, Davie a finalement signé un contrat avec le gouvernement fédéral pour la construction d’un brise-glace de classe polaire au coût de 3,25 milliards $. À lui seul, le projet obligera le chantier naval à pourvoir quelque 1000 emplois au cours des prochaines années, sans compter les embauches nécessaires chez ses partenaires.
Les promesses d’Ottawa vont bien au-delà du brise-glace polaire. Six autres navires arctiques sont dans les cartons du fédéral et Davie est déjà pressentie pour rafler la mise après avoir obtenu le contrat de conception.
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Le Canada doit remplacer ses brise-glaces. (Photo d’archives)
Photo : Radio-Canada / Audrey LimogesAILLEURS SUR INFO : La Chine et la Russie prennent de l’avance sur l’OTAN en Arctique
Sur la scène internationale, les États-Unis, le Canada et la Finlande ont convenu de s’entraider à travers l’ICE Pact. Les trois pays ont annoncé, il y a deux semaines, avoir signé une déclaration d’intention
.
Cette dernière vient renforcer la coopération industrielle entre les trois pays, dans le but de construire et de maintenir des brise-glaces et les capacités connexes, tout en soutenant les industries navales nationales et en créant des emplois bien rémunérés dans le secteur maritime
.
Le Québec, qui a octroyé 519 millions $ pour aider le chantier lévisien à moderniser ses infrastructures, pousse lui aussi pour attirer des investissements dans la province. Le premier ministre François Legault croit que Davie peut non seulement répondre à la demande de la Défense pour les brise-glaces, mais aussi pour la construction de nouveaux navires de guerre.
Ruée vers Lévis
C’est dans ce contexte effervescent que Naval Québec tient sa conférence 2025, ce lundi, à Lévis.
Signe de l’ébullition, l’association enregistre un record de participation, autant pour le nombre d’exposants que de participants. Sylvie Laporte, nommée directrice générale de l’association au cours de l’été, sent bien le momentum
qui s’installe dans l’industrie.
Et l’engouement n’est pas seulement local.
Outre les États-Unis et la Finlande, des délégations provenant de la France, de l’Espagne, de l’Angleterre et de la Lettonie ont fait le voyage cette année. Je crois que les gens voient ces opportunités-là et voient les possibilités de faire du maillage avec des entreprises, avec la chaîne d’approvisionnement d’ici
, explique Mme Laporte en entrevue à Radio-Canada.
Avec tous les contrats à la portée de l’industrie au Québec, l’occasion est belle pour les entreprises québécoises de créer des ententes et de se préparer à la demande qui pointe à l’horizon, au Canada comme à l’étranger.
Sylvie Laporte cite en exemple les récents échanges avec la Finlande, principal pays producteur de brise-glaces sur la planète. Comme ancienne responsable de l’approvisionnement au chantier Davie, elle rappelle que des délégations finlandaises ont proposé
leurs services au cours des dernières années, voyant le Canada en voie de renouveler sa flotte de la Garde côtière.
Davie a depuis multiplié les partenariats avec le pays scandinave. L’entreprise a fait l’acquisition d’un chantier naval majeur à Helsinki afin d’augmenter ses capacités de production. Elle a du même coup mis la main sur une expertise essentielle pour répondre aux besoins du gouvernement fédéral.
Article de David Rémillard, Radio-Canada, Construction de navires : Naval Québec veut bâtir une filière québécoise | Radio-Canada