Trains à hydrogène, système pour traiter les boues de la salmoniculture et biostimulant à base d’algues… Cinq projets de décarbonation sur la Côte-Nord ont reçu environ 150 000 $ de Québec pour raffiner leurs technologies qui pourraient réduire les émissions de gaz à effet de serre de certaines industries dans la région.
C’est le cas notamment d’un projet de train carboneutre équipé d’une motorisation à hydrogène adaptée au climat extrême
, piloté par deux unités de recherche affiliées au Cégep de Sept-Îles.
Cette technologie permettrait de remplacer les moteurs au diesel des locomotives utilisés, par exemple, dans le transport de minerai.
Afin de réduire l’empreinte carbone de cette industrie, les trains seraient plutôt équipés d’un moteur alimenté par une pile à combustible hydrogène, explique Khaled Ziane, le gestionnaire à la recherche et au développement au CR2ie, affilié au Cégep de Sept-Îles.
Le transport et la production d’hydrogène sont des défis. Avec le financement, on veut faire des tests en climat nordique, c’est-à-dire avec le climat extrême de froid. Est-ce que c’est rentable? Pas rentable? C’est vraiment ça, le test.Une citation deKhaled Ziane, gestionnaire R&D et des opérations au CR2ie
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À petite échelle, l’équipe entend fabriquer un électrolyseur afin de produire de l’hydrogène vert au Cégep de Sept-Îles. Ensuite, les chercheurs souhaitent faire l’acquisition d’une pile à combustible et ainsi, comparer les types de propulsion.
Pour connaître les émissions à gaz à effet de serre des locomotives conventionnelles, l’équipe de recherche pourra collaborer avec Transport ferroviaire Tshieutin, gestionnaire d’un chemin de fer entre Sept-Îles et Schefferville. Les résultats du projet seront soumis en décembre 2026.
Un projet de récupération des boues qui voit grand
Le projet de Nicholas Beaudreau, chercheur au centre de recherche Merinov, affilié au Cégep de la Gaspésie, a lui aussi profité d’une subvention de près de 150 000 $.
Son projet vise l’implantation d’un digesteur anaérobique
afin de produire du biogaz à partir des déchets de la pisciculture et de l’aquaculture, composés de restes de moulés, de bactéries et d’excréments de poissons.
Pour tester cette technologie, l’équipe du centre de recherche et ses collaborateurs utiliseront les rejets du futur projet de ferme piscicole d’AquaBoreal à Baie-Trinité.
Avec le système d’AquaBoreal, ils utilisent de grands filtres qui vont enlever la matière solide et laisser une eau plus pure. Donc, on peut contrôler et récupérer les déchets avec ce système-là
, explique Nicholas Beaudreau.
Le projet d’AquaBoreal, qui entend produire 10 000 tonnes de saumon par an, pourrait générer quelques milliers de tonnes de boues organiques, ajoute-t-il.
Ce qu’on propose à AquaBoreal, […] c’est de prendre des boues qui sont riches en matières organiques et de faire un procédé industriel afin de produire un biogaz.Une citation deNicholas Beaudreau, chargé de projet en Aqualculture au Merinov
Les boues seraient mélangées à des bactéries dans des réservoirs scellés pendant une période de 30 à 60 jours afin de produire du méthane qui serait récupéré. Si le projet est concluant, il pourrait aussi être utilisé par les municipalités pour traiter leurs boues issues du réseau d’égout.
Un prototype sera construit prochainement et si tout va bien, on va avoir des résultats probants au printemps ou à l’été prochain
, conclut-il.
De son côté, la chercheuse Ève-Catherine Desjardins, grâce à un financement similaire, entend développer un modèle d’autonomie alimentaire en Minganie.
Une fois développé, ce modèle pourrait favoriser, par exemple, la culture agricole locale et autonome ainsi que des serres qui fonctionnent à l’aide d’énergies renouvelables.
Article d’Alban Normandin, Radio-Canada, Cinq projets de décarbonation nord-côtiers financés par Québec | Radio-Canada