Quand le fleuve prend son souffle printanier

Quand j’étais enfant, à Trois-Pistoles, l’arrivée du printemps ne signifiait pas pour moi la sortie de la bicyclette comme pour plusieurs de mes amis. Mon regard se tournait plutôt vers le fleuve. J’attendais le moment où les glaces se retireraient pour remettre à l’eau la petite chaloupe de type « prame », au devant aplati, que mon père m’avait offerte. À son bord, je longeais la rive du Saint-Laurent en apprenant à apprivoiser le vent, les marées et cet horizon immense que les gens d’ici appellent simplement la mer.

En ce début de mars, les beaux jours se pointent à l’horizon. Bientôt, le Saint-Laurent, de sa source à la mer, reprendra son grand mouvement d’été : celui des vents et des marées, des navires qui transportent les denrées essentielles à notre économie, des plaisanciers, des traversiers, des scientifiques et des mammifères marins.

Une maquette ancienne de yawl du Saint-Laurent, sculptée dans l’ivoire arctique canadien, rappelle avec élégance ces embarcations que nos ancêtres utilisaient pour naviguer, transporter des marchandises et relier les communautés riveraines. Elle témoigne, à sa façon, de la beauté et de l’ingéniosité de cette culture maritime.

L’année 2026 marquera aussi une étape importante avec l’agrandissement du Parc marin Saguenay-Saint-Laurent, géré conjointement par la Sépaq et Parcs Canada. Créé pour protéger un écosystème exceptionnel, ce parc marin témoigne d’une volonté collective de mieux protéger ce fleuve qui nous définit.

Mais le Saint-Laurent n’est pas seulement un espace à protéger : il est aussi un espace à habiter durablement. Depuis toujours, le fleuve rassemble activités humaines et efforts de conservation. L’industrie maritime québécoise en offre une belle illustration : modernisation des flottes, réduction des émissions, décarbonation progressive et amélioration des pratiques portuaires. Navigation, recherche scientifique et protection des écosystèmes avancent aujourd’hui dans un même esprit de responsabilité.

Depuis quatre siècles, le Québec s’est développé grâce au Saint-Laurent. Nos ports, nos chantiers navals, nos capitaines et nos marins ont bâti une expertise reconnue bien au-delà de nos rives. Cette fierté maritime n’appartient pas seulement au passé : elle constitue une responsabilité pour l’avenir.

À l’heure où les beaux jours reviennent, gardons le cap dans ce même chenal de respect et d’utilisation écoresponsable du fleuve. Car le Saint-Laurent n’est pas simplement un territoire riverain: il est une communauté façonnée par l’eau. Et comme le savent les marins depuis toujours, on ne possède jamais la mer : on apprend simplement à naviguer avec elle.

 

Voilier_Yawl du Saint-Laurent | Crédit photo : Jessica Latouche, photographe

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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