À l’aube de mon adolescence, alors que je naviguais l’été sur le yacht de mon père dans le Bas-Saint-Laurent, la bière faisait bien évidemment partie de l’approvisionnement pour agrémenter les longues escales au mouillage dans le majestueux fjord du Saguenay. J’avais alors remarqué l’étiquette de la Molson’s Export : un navire, toutes voiles ouvertes, lancé vers l’horizon. Cette image m’avait intrigué.
Mon père avait comblé ma curiosité en m’expliquant que John Molson avait joué un rôle clé dans notre histoire maritime. En 1809, il lança l’Accommodation, premier bateau à vapeur construit en Amérique du Nord et premier à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent. Malgré les doutes de l’époque, ce navire à aubes démontra qu’on pouvait désormais voyager sans dépendre du vent ni des marées, réduisant considérablement le temps entre Montréal et Québec. L’Accommodation ouvrit la voie à une flotte de bateaux à vapeur et à une nouvelle économie fluviale. Avec lui naissait non seulement la navigation à vapeur, mais l’industrie maritime canadienne elle-même.
La maquette en ivoire arctique canadien illustre avec finesse ces premiers navires à vapeur. Cette nouvelle technologie offrait des bâtiments plus manœuvrants, plus fiables et plus autonomes que tous les voiliers utilisés jusqu’alors. Dès leur mise en service, les bateaux à vapeur allaient connaître une popularité fulgurante et transformer durablement la façon de naviguer, de commercer et de relier les territoires.
Dans l’imaginaire collectif, Molson est d’abord associée à une bière emblématique, indissociable du sport et des Canadiens de Montréal. Mais Molson est bien plus qu’une bière. John Molson souhaitait avant tout servir sa communauté et contribuer à bâtir l’avenir de son nouveau pays. Cet esprit s’est transmis de génération en génération. La Fondation Molson soutient aujourd’hui des initiatives majeures en éducation, en santé, en arts et en culture, investissant dans ce qui façonne durablement notre société.
Andrew Molson perpétue encore les traditions établies par son ancêtre arrivé au Québec en 1782. Molson demeure ainsi un fleuron dont les Québécois et les Québécoises peuvent être fiers : une entreprise intimement liée à la naissance de notre industrie maritime, et un rappel vivant que le développement économique, lorsqu’il est porté par une vision, peut devenir un héritage collectif. Le temps illustre que la démarche de Molson, depuis plus d’un siècle, est à l’image du Saint-Laurent : un fleuve qui n’est jamais pressé, mais qui arrive toujours à la mer.
