Le bateau fascine depuis des millénaires. Nul ne reste indifférent devant la silhouette d’un navire découpant l’horizon d’un plan d’eau recherché pour sa beauté et ce brin de mystère. D’où vient-il ? Où va-t-il ? Que transporte-t-il ? Ces questions trouvent souvent leur réponse dans un lieu identitaire profond : notre majestueux fleuve Saint-Laurent, ce ruban vivant qui bat au cœur de chacun et chacune d’entre nous.
Car nous portons tous une origine maritime. Bien avant les premières cartes, les Premières Nations naviguaient sur Magtogoek à bord de leurs canots d’écorce et de leurs rabaskas. Puis nos ancêtres, arrivés par navires, ont façonné les premières communautés où l’un des premiers métiers, constructeur de bateaux .
Tout au long du Saint-Laurent, ces artisans faisaient la fierté de leurs villages : Saint-Laurent de l’Île d’Orléans, Petite-Rivière-Saint-François et aujourd’hui, le Chantier naval de Charlevoix à l’Isle-aux-Coudres ou le chantier maritime des Méchins, du Groupe Océan / Ocean Group, perpétuent cette tradition. Et comment ne pas souligner Davie, plus grand chantier naval au pays ? Forte de deux siècles d’expertise, pionnière, elle est au cœur de la Stratégie nationale de construction navale du Canada, contribuant au patrimoine maritime national.
Cette tradition n’est pas seulement vivante: elle est vibrante. Le Rendez-vous Naval Québec 2025, tenu à Lévis, a suscité une mobilisation remarquable : des centaines de participants, des délégations de Finlande, de France, des États-Unis, une communauté unie autour d’une ambition commune. « Notre objectif est de valoriser et d’exporter notre savoir-faire afin de bâtir des partenariats internationaux qui vont positionner le Québec parmi les acteurs reconnus de la construction navale mondiale.(Sylvie Laporte, directrice générale de Naval Québec).
Mais il ne faut pas oublier que le plus imposant chantier naval de Québec, un jour, s’est trouvé, sur la table de cuisine du 16, rue Fraser. Dans une vidéo de 1945, on découvre Edmond Lecouvie, qui pendant près de 25 ans a créé 42 maquettes en ivoire arctique canadien. Par son œuvre, il rendait hommage à celles et ceux qui ont construit des bateaux depuis les débuts.
Se souvenir n’est pas nostalgie : c’est un devoir. Si nous avançons vers les horizons de la filière navale, c’est grâce à ceux qui nous ont précédés, à leur vision, leur courage et leur génie. À toutes ces mains anonymes qui, planche après planche, ont tracé le chenal sur lequel nous naviguons aujourd’hui.
Comme le rappelle Steven Blaney, maire de Lévis :
« La filière navale est une opportunité historique et essentielle pour le Québec et pour le pays. »
Aujourd’hui, nous avons le devoir, la chance de poursuivre cette épopée maritime. D’y contribuer avec fierté, avec ambition, et avec la conscience que nous sommes les héritiers d’un fleuve, d’un savoir-faire et d’une histoire qui inspirent l’avenir.