Le Saint-Laurent a bercé mon enfance. Très jeune, j’ai découvert ses beautés incroyables, ses richesses inestimables, ses humeurs parfois imprévisibles… et surtout, cette joie unique de vivre en harmonie avec ce grand fleuve qui traverse notre histoire et pénètre le cœur du Québec sur plus de 2 000 kilomètres.
Je me souviens encore du jour où nous avons quitté le Club de Yacht de Québec, institution centenaire, pour remonter le fleuve en direction du lac Champlain. Nous avons emprunté la rivière Richelieu et ses écluses. Mais c’est la première nuit passée à Trois-Rivières qui éveille un beau souvenir. Mon père m’avait emmené au Port de Trois-Rivières, accompagné d’un ami trifluvien. J’étais fasciné de voir ce port en plein centre-ville.
Les navires à vapeur ont profondément marqué l’histoire de la navigation sur le fleuve. Là où les voiliers, soumis aux caprices d’Éole, peinaient à franchir un chenal étroit bordé de hauts-fonds et de vastes battures, la vapeur a ouvert une nouvelle ère de maîtrise et d’audace. Cette maquette en ivoire arctique, représentant l’un des premiers vapeurs à avoir touché Trois-Rivières, nous rappelle la fragilité et la détermination de ces débuts et nous ramène aux premiers souffles du Port de Trois-Rivières. C’est en 1809 qu’un premier navire à vapeur y jette l’ancre, un événement qui déclenchera la construction des premiers quais et stimulera le développement des chemins de fer. Depuis, beaucoup d’eau a coulé devant Trois-Rivières… mais l’importance du Port n’a cessé de croître.
Aujourd’hui, le Port de Trois-Rivières est un acteur majeur du développement économique régional, national et international. Aluminium, foresterie, agroalimentaire : autant de secteurs qui y trouvent une porte d’entrée stratégique. Le Port accueille annuellement plus de 70 000 camions, 11 000 wagons, et plus de 250 navires marchands et de croisière provenant d’une centaine de ports répartis dans plus de 40 pays. Avec près de 4 millions de tonnes manutentionnées, il génère des retombées économiques de 220 M$ et soutient plus de 2 000 emplois directs, indirects et induits.
Un port, toutefois, ne se résume jamais à des chiffres. Il est d’abord une histoire humaine, un héritage, une présence au quotidien. Le Port de Trois-Rivières est bien plus qu’une infrastructure, il vit au rythme du fleuve et des gens. C’est un exemples inspirant de saine relation Ville-Port. Sous l’impulsion de son capitaine visionnaire, Gaétan Boivin, le Port s’est donné une mission claire : redonner aux Trifluviens la fierté d’habiter une ville portuaire. « Un port, disait-il, ne se limite pas à ses quais ou à ses navires; il est avant tout une communauté. On a consulté, on a écouté, et surtout, on a construit avec les citoyens et les partenaire. » Cette approche humaine, responsable et durable a façonné un port qui appartient à sa ville autant que sa ville appartient à son port.
Aujourd’hui, une nouvelle page s’ouvre.
La destinée du Port est désormais confiée à Anick Métivier, un homme profondément attachée au fleuve et au monde maritime. Depuis plus de dix ans, il a consacré son énergie à bâtir des relations harmonieuses et respectueuses avec les communautés citoyennes. Son leadership s’inscrit dans la continuité d’un port moderne, ouvert, humain… un port qui regarde loin.
Les Trifluviens peuvent être fiers de leur port, de son histoire, de sa vision, et de celles et ceux qui le dirigent. Et j’ai la conviction profonde que le nouveau capitaine mènera le Port de Trois-Rivières vers de vastes horizons, fidèle à ce fleuve et ses gens qui nous relient et nous élèvent.
Bon vent, capitaine Métivier.
