L’agrandissement du terminal portuaire à contrecœur permettra d’augmenter d’environ 60 % la capacité du port de montréal, selon ce dernier. Le projet est évalué à 2,3 G $ par Ottawa. (Photo: Adobe Stock) Picture of a sign with the logo of Montreal Port Bank taken in front of one of their docks in Montreal, Quebec, Canada. The Port of Montreal is a port and transshipment point on the Saint Lawrence River. It is on the shortest direct route from Europe and the Mediterranean to North America. It is an international container port
INFRASTRUCTURES ET GRANDS PROJETS. La nouvelle Loi visant à bâtir le Canada (issue du projet de loi C-5) transformera l’économie canadienne. Son potentiel structurant rappelle celui de la fameuse Politique nationale, au 19e siècle, et représente d’innombrables occasions d’affaires pour les entreprises, à moyen et à long terme.
Pour l’essentiel, la nouvelle loi du gouvernement libéral de Mark Carney vise à ce que le Canada se dote de nouvelles infrastructures essentielles « à un rythme sans précédent depuis des générations », sans parler de la création de dizaines de milliers d’emplois.
Ces infrastructures seront nécessaires pour aider le pays à diversifier ses relations commerciales, notamment en Europe et en Asie. Mais aussi pour que le Canada devienne une « superpuissance énergétique », aussi bien dans les énergies renouvelables que les énergies fossiles.
La Loi visant à bâtir le Canada est une réponse politique au retour de Donald Trump à la Maison-Blanche et à la guerre commerciale que les États-Unis ont déclarée au Canada et au reste du monde.
La Politique nationale du premier ministre conservateur John A. Macdonald, qui était aussi à l’époque une réponse à une crise économique mondiale et à des relations difficiles avec les États-Unis après la guerre de Sécession, reposait sur trois axes : l’imposition de tarifs douaniers pour protéger l’industrie manufacturière et générer de nouveaux revenus ; la construction du chemin de fer transcontinental ; et l’implantation de nombreux immigrants dans l’Ouest canadien.
Ces axes permettaient de créer un marché intérieur qui stimulerait l’économie canadienne. Les parallèles avec la présente politique d’Ottawa sont donc nombreux.
Onze projets à garder sur le radar
Le 11 septembre, Mark Carney a présenté la liste des cinq premiers projets structurants pour l’économie canadienne, qui seront examinés par le nouveau Bureau des grands projets (BGP).
Il s’agit du projet de terminal à conteneurs du port de Montréal à Contrecœur (Québec) ; de LNG Canada — phase 2 à Kitimat (Colombie-Britannique) ; du nouveau projet nucléaire de Darlington à Bowmanville (Ontario) ; du projet de mine de cuivre de Foran, à McIlvenna Bay (Saskatchewan) ; et de l’expansion de la mine Red Chris (Colombie-Britannique).
Par ailleurs, Ottawa estime que six autres projets « pourraient contribuer de manière concrète à transformer le pays », mais que ceux-ci en sont encore à un stade précoce et doivent être développés davantage.
On parle ici du TGV Alto Québec-Toronto ; de la stratégie sur les minéraux critiques ; de Wind West Atlantic Energy (éoliennes) ; de Pathways Plus (oléoduc et captage du carbone en Alberta) ; du corridor économique et de sécurité de l’Arctique (infrastructures terrestres et portuaires) ; et du port de Churchill Plus (modernisation et annualisation des activités du port de Churchill, au Manitoba).
Deux projets structurants au Québec
Au Québec, deux projets sont particulièrement structurants pour notre économie, mais aussi pour celle du Canada central : le projet de terminal à Contrecœur et le TGV Québec-Toronto.
Le projet d’agrandissement du port de Montréal permettra d’augmenter d’environ 60 % sa capacité, qui commence à être engorgée. Ottawa évalue désormais le projet à 2,3 milliards de dollars (G $), avec une mise en service prévue en 2030.
Le TGV Alto — le premier train à grande vitesse au Canada — roulera à une vitesse maximale de 300 km/h. Cette vitesse permettra de réduire de moitié la durée des trajets et de relier près de la moitié de la population canadienne.
Selon le PDG d’Alto, Martin Imbleau, l’hypothèse de budget se situe actuellement dans une fourchette oscillant entre 60 G $ et 90 G $. La mise en service de la première phase est prévue entre 2037 et 2040, pour une mise en service totale en 2042.
En dépit de leur fort potentiel économique, ces projets représentent de nombreux défis pour les entreprises, comme la disponibilité de la main-d’œuvre, le contrôle des coûts et la protection de l’environnement, sans parler de la consultation avec les Premières Nations.
Il y a aussi un défi industriel pour le Canada. Par exemple, actuellement, aucune entreprise au Canada ne produit le type d’acier dont aura besoin Alto dans les prochaines années pour construire les 4000 kilomètres de rails du futur TGV.
S’ils veulent décrocher des contrats, les aciéristes canadiens devront donc développer cette nouvelle ligne de production, ce qui nécessitera de l’innovation et des investissements en capital.
Article de François Normand, Les Affaires, C-5: des projets structurants à mettre en chantier – Les Affaires