Les droits de douane imposés par les États-Unis posent non seulement un sérieux défi pour l’économie du Canada, mais nous poussent également à revoir et à renforcer notre avantage compétitif. Il est maintenant temps de favoriser une économie dynamique et novatrice qui stimule la productivité et la croissance. La concurrence devrait être au cœur de cette démarche.
La population canadienne veut plus de concurrence, et le Canada a réalisé d’importants progrès pour renforcer ses politiques en la matière. De récentes modifications apportées à la Loi sur la concurrence, adoptées à l’unanimité par le Parlement, nous assurent de pouvoir prendre des mesures décisives contre les comportements anticoncurrentiels. Ces réformes favorisent un marché juste et concurrentiel, profitant à la fois aux consommateurs et aux entreprises.
Avec ces fondations robustes en place, il est temps d’aller plus loin avec des politiques qui favorisent la concurrence et le dynamisme économique.
En éliminant les obstacles, en étendant le commerce et en veillant à ce que l’environnement réglementaire favorise l’innovation, nous pouvons créer les conditions nécessaires pour permettre aux entreprises de s’épanouir et aux consommateurs de bénéficier d’un plus grand choix et de prix plus bas.
Des progrès soutenus dans trois secteurs clés feront une différence importante :
D’abord, nous devons continuer les efforts en vue d’éliminer les obstacles au commerce intérieur parce qu’ils constituent avant tout des obstacles à la concurrence. L’environnement réglementaire fragmenté du Canada crée des entraves inutiles aux entreprises et aux travailleuses et travailleurs. Sur le plan économique, le maintien de ces obstacles est la faute directe la plus évidente du Canada. Agir rapidement pour éliminer ces obstacles et harmoniser la réglementation dans l’ensemble du Canada dévoilera un important potentiel économique et créera un marché plus dynamique.
Deuxièmement, nous devons accroître les possibilités commerciales internationales. En ouvrant de nouveaux marchés au moyen d’accords de libre-échange, les entreprises canadiennes peuvent avoir accès à plus de clients et faire concurrence mondialement. Cela suppose aussi d’examiner nos propres industries protégées. Une stratégie commerciale tournée vers l’avenir favorisera la prospérité à long terme et renforcera le rôle du Canada en tant que chef de file mondial dans les marchés justes et ouverts.
Troisièmement, nous devons favoriser un environnement réglementaire qui fait la promotion de la concurrence. Cela signifie éliminer les obstacles gouvernementaux à la concurrence – à tous les paliers – qui limitent la capacité des petits acteurs à faire concurrence dans notre économie. Des règlements sensés devraient encourager l’innovation et l’entrepreneuriat, et non pas permettre aux acteurs dominants de renforcer leur position. Par exemple, l’OCDE classe le Canada parmi les pays dont le système de marchés publics est le moins favorable à la concurrence. Ce constat rappelle l’importance de la concurrence pour obtenir une meilleure optimisation des dépenses publiques.
Pour avoir des « champions nationaux » plus forts
Certaines personnes ont suggéré que l’autorisation de grandes fusions nationales ou l’application sélective de la Loi sur la concurrence pourrait aider le Canada à répondre aux pressions commerciales des États-Unis en créant des champions nationaux. Cependant, l’histoire démontre que cela ferait plus de mal que de bien. La consolidation excessive entraîne des prix plus élevés, moins de choix et des industries affaiblies à l’échelle nationale, sans offrir la réussite mondiale promise. Une voie à suivre plus robuste est d’accroître la concurrence, et non pas de la limiter. Le Canada a besoin de plus de concurrence, pas de plus d’oligopoles.
Les preuves démontrent que pour que les entreprises soient compétitives à l’étranger, elles doivent faire face à de la concurrence chez elles.
Protéger les entreprises nationales de la concurrence ne les rend pas plus fortes, cela les rend complaisantes. Si nous voulons que les entreprises canadiennes s’épanouissent à l’international, nous devons favoriser un marché national compétitif qui les force à innover, à investir et à s’améliorer.
Il est encourageant de constater que des gouvernements d’un bout à l’autre du Canada prennent des mesures à cet égard. Le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux s’empressent1 d’éliminer les obstacles au commerce intérieur. Certaines provinces se démarquent sur d’autres fronts, notamment en supprimant les obstacles2 à la concurrence pour les nouvelles épiceries, en interdisant les clauses de non-concurrence3 pour donner plus de pouvoir aux travailleurs ou en renforçant la protection des consommateurs et en facilitant la comparaison des prix4. Ces mesures pourront guider les autres gouvernements dans leurs gestes.
Dans son récent discours du Trône, le gouvernement fédéral a invité les Canadiens et Canadiennes à faire preuve d’audace. Cela doit passer par un engagement renouvelé à l’égard de la concurrence. Une concurrence accrue ne profite pas qu’à l’économie ; elle est essentielle pour rendre la vie plus abordable, favoriser la productivité et assurer la prospérité à long terme du Canada.1. Lisez la Déclaration des premiers ministres du Canada, des provinces et des territoires sur le renforcement de l’économie canadienne et l’avancement des grands projets2. Lisez « Manitoba takes lead in nixing property controls » (en anglais)3. Lisez les clauses de non-concurrence de l’Ontario4. Lisez Des pourboires calculés avant les taxes et des prix plus clairs à l’épicerieQu’en pensez-vous ? Participez au dialogue
Article de Matthew Boswell, La Presse, En mode solution | Une concurrence accrue, un Canada plus compétitif | La Presse