Le voilier Forel sillonnera le fjord du Saguenay pour le cartographier

Le voilier de recherche Forel sera amarré au quai d’escale de La Baie mercredi. Ce navire, une plateforme consacrée à la recherche côtière polaire et subpolaire, servira à mener un vaste projet de cartographie du fjord du Saguenay.

Au terme de leur travail, trois équipes de chercheurs produiront la première cartographie de référence de l’entièreté du Saguenay, a indiqué Maxime Boivin, professeur de géographie et d’hydrogéomorphologie à l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), au micro de l’émission C’est jamais pareil.

Ce projet, qui s’échelonnera sur trois ans, implique l’équipe de l’UQAC de Maxime Boivin ainsi que deux équipes de l’Université Laval. À elles trois, ces équipes étudieront le déplacement des masses d’eau, les microparticules plastiques ainsi que la géomorphologie et la biodiversité du fjord.

Grâce au Forel, un navire suisse, les chercheurs pourront maximiser leurs prises de mesures à même le fjord.AILLEURS SUR INFO : Fiasco SAAQclic : l’ex-PDG Denis Marsolais jure avoir averti Québec

C’est vraiment une occasion de pouvoir être sur le fjord pendant cinq à six jours avec presque 24 heures d’acquisition de données en continu, a souligné Maxime Boivin. Les chercheurs utiliseront entre autres un échosondeur multifaisceaux, un appareil qui envoie un rayon laser réfléchissant sur les parois.

Le directeur général de l’association Forel Héritage qui possède le voilier, Stéphane Aebischer, indique que le bateau a été créé pour ce genre d’expédition.

Il a été conçu pour étudier beaucoup les milieux côtiers, donc c’est une grosse différence comparée aux gros navires traditionnels de scénographie, aux gros brise-glace ou autres. Donc nous, on a vraiment l’avantage de pouvoir s’aventurer très proche de la côte, a-t-il noté en entrevue avec Radio-Canada.Stéphane Aebischer. Ouvrir en mode plein écran

Stéphane Aebischer est le directeur général de l’association Forel Héritage.

Photo : Radio-Canada / Kenza Chafik

Les équipes débarqueront à Tadoussac dans quelques jours afin que le Forel poursuive sa route vers le Groenland et finalement, vers la France.

Après ces quelques jours sur le fjord, les chercheurs poursuivront leurs prises de données sur le terrain, notamment à l’aide de drones.Vue aérienne d'un voilier sur une grande étendue d'eau où flotte un iceberg.Ouvrir en mode plein écran

L’expédition 2025 du Forel le mènera au Québec, au Groenland et en France.

Photo : forel-heritage.org

Mieux connaître le fjord du Saguenay

Ce projet a débuté en décembre et est mené en partenariat avec le ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs ainsi qu’avec le Centre d’expertise en gestion des risques d’incidents maritimes (CEGRIM).

Il est motivé par deux grands objectifs, a expliqué M. Boivin. D’abord, il permettra d’améliorer les connaissances sur le fjord du Saguenay et possiblement de découvrir de nouvelles formes d’érosion.

Il servira également à mieux encadrer les interventions à la suite d’accidents ou de déversements dans ce cours d’eau.

On est capables d’identifier des secteurs avec une biodiversité plus élevée qu’on peut prioriser en termes de travaux, par exemple de restauration ou de protection, en cas d’accidents, a expliqué le professeur.

De son côté, le professeur en géomatique appliquée à l’UQAC, Vincent Lecours, mentionne qu’elle servira également à mieux encadrer les interventions suivant les accidents ou les déversements sur le cours d’eau.

On ne connaît pas beaucoup de choses sur le fjord. Si un jour il y avait un accident maritime, un déversement de pétrole, bien on ne saurait pas quoi restaurer, quels écosystèmes ont été affectés. Donc, on fait une première exploration ici pour cartographier la structure des parois verticales, donc sous l’eau en trois dimensions, a précisé le professeur, qui coordonne le projet de cartographie.

Le fjord du Saguenay est un des plus grands au monde, a rappelé Maxime Boivin. En effet, il mesure plus de 100 km de long et atteint plus de 250 m de profondeur par endroits.

Alors qu’il s’apprête à monter à bord du Forel pour la première fois, mercredi, Maxime Boivin espère déjà qu’il reviendra dans les eaux du Saguenay.

Le Forel souhaite revenir au Canada et au Saguenay dans les prochaines années, [donc c’est] peut-être un partenariat solide sur le long terme qui est en train de se mettre en place, a-t-il affirmé.

Article de Raphaëlle Laverdière, Kenza Chafik , Radio-Canada, Le voilier Forel sillonnera le fjord du Saguenay pour le cartographier | Radio-Canada

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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