La Garde côtière officiellement intégrée à la Défense nationale

Il fait partie du vaste plan de 9 milliards du gouvernement pour reconstruire les Forces armées canadiennes et atteindre l’objectif de 2 % du produit intérieur brut (PIB) fixé par l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour les dépenses militaires.

Le syndicat qui représente les employés de la Garde côtière s’interroge sur ce que cela signifiera pour ses membres. « On vit des annonces politiques qui sont plus rapides que les annonces à l’interne », déplore François Paradis, vice-président régional pour le Québec de l’Union canadienne des employés des transports (UCET).

Il ajoute que ces annonces « au compte-gouttes » suscitent beaucoup d’incertitude et d’inquiétude, les employés ne sachant pas comment leur travail sera touché. La seule rencontre concernant le nouveau rôle de la Garde côtière entre le syndicat et l’employeur a eu lieu le 14 août.

Si l’incertitude persiste sur l’application de ce nouveau mandat, une chose est sûre : les garde-côtes n’auront pas à manier le pistolet.

« Je tiens à être clair : la Garde côtière (GCC) demeurera un organisme de service spécial civil et distinct », a précisé mardi le ministre de la Défense nationale, David McGuinty, dans un message public adressé aux employés civils et aux militaires. « Nous n’envisageons pas d’armer le personnel ou les équipements de la GCC, ni de confier à l’organisation un rôle supplémentaire d’application de la loi. »

PHOTO CHRISTINNE MUSCHI, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNELe ministre de la Défense nationale, David McGuinty

Le National Post avait rapporté en juin que le gouvernement envisageait d’armer la Garde côtière, ce qui avait été démenti quelques semaines plus tard par le lieutenant-général Stephen Kelsey, vice-chef d’état-major de la Défense, lors d’un témoignage devant le comité permanent des Finances nationales du Sénat.

« J’ai lu et entendu certaines choses dans les médias sur l’intention d’armer la Garde côtière, mais ce n’est pas le cas. C’est seulement d’augmenter ses capacités et son positionnement dans le Grand Nord à notre avantage », avait-il expliqué.

Le statut de la Garde côtière comme organisme de service spécial demeure le même, mais le gouvernement espère élargir son rôle par l’entremise du projet de loi C-2.

Nouveaux mandats

Le projet de loi étendrait ses activités de surveillance maritime dans les eaux de l’Arctique afin de renforcer la souveraineté canadienne. Elle est déjà présente dans cette région de juin jusqu’à l’approche de l’hiver pour dégager les glaces et mener des activités de recherche et sauvetage lorsque cela est nécessaire.

Elle participerait également à des activités de renseignement à l’aide de nouveau matériel de détection en vertu de C-2.

La Garde côtière compte 126 navires, dont des brise-glaces, des bateaux de recherche et sauvetage, d’autres pour la patrouille, des navires scientifiques et des aéroglisseurs. Elle a environ 6500 employés.

« Actuellement, environ 60 % de la Garde côtière sont inclus dans la définition des dépenses de défense de l’OTAN. Je pense que le transfert de la Garde côtière au ministère de la Défense pourrait être l’occasion d’examiner ce pourcentage afin de déterminer si nous pourrions l’augmenter », avait indiqué le sous-ministre adjoint et dirigeant principal des finances du ministère de la Défense nationale, Jonathan Moor, lors du même comité sénatorial.

La définition des dépenses de défense de l’OTAN inclut des déboursements connexes aux forces armées, comme les garde-côtes et la police nationale. « Pour ces forces, ne sont comptabilisés comme dépenses que les montants consacrés aux éléments qui reçoivent une formation tactique, qui sont équipés comme des forces militaires, qui peuvent opérer sous commandement militaire direct au cours d’opérations et qui sont véritablement aptes à être déployés en dehors du territoire national à l’appui d’une force militaire », détaille l’organisme international sur son site web.

Le Canada a commencé à inclure certaines sommes allouées à la Garde côtière canadienne en 2014-2015 dans ses dépenses de défense déclarées à l’OTAN. Les 32 pays membres se sont mis d’accord en juin pour augmenter la cible annuelle de 2 % à 5 % du PIB d’ici 2035. Le premier ministre Mark Carney s’était dit d’accord avec ce nouvel objectif, quitte à le réviser s’il s’avère trop onéreux.

L’enveloppe consacrée à la défense doit monter à 62,7 milliards en 2025-2026 pour atteindre les 2 % du PIB. La hausse de cette cible à 5 % ferait augmenter les dépenses militaires annuelles à près de 150 milliards d’ici 2035.

Article de Mylène Crête, La Presse, La Garde côtière officiellement intégrée à la Défense nationale | La Presse

Marie-France Daoust

Marie-France Daoust is Director of Corporate Affairs at the Société de développement économique du Saint-Laurent (Sodes). With more than 15 years’ experience in entrepreneurship, 10 years in strategic management within the Quebec government and 5 years in public and government affairs, she stands out for her leadership and ability to bring people together. In her role, she is responsible for developing business growth strategy, forging strategic partnerships, and mobilizing maritime organizations around today’s major issues.

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